Un groupe d’organisations non gouvernementales a adressé une lettre conjointe à la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, l’appelant à réexaminer l’approche de l’Union européenne à l’égard de la Tunisie, trois ans après la signature du protocole d’accord entre les deux parties le 16 juillet 2023.
Les organisations signataires estiment que la situation des droits humains et de la liberté de la presse s’est fortement détériorée en Tunisie depuis cette date, évoquant une répression de la dissidence, des atteintes à l’indépendance judiciaire et des violations des droits des migrants et demandeurs d’asile, incluant des arrestations et des expulsions collectives.
Selon les signataires, l’UE se serait concentrée principalement sur les aspects migratoires du protocole d’accord, mettant en avant la baisse des départs irréguliers depuis la Tunisie, tout en restant largement silencieuse face à la répression croissante dans le pays. Elles pointent également l’ajout récent de la Tunisie à la liste européenne des « pays d’origine sûrs ».
Les ONG demandent notamment à la Commission européenne de conditionner plus strictement sa coopération avec la Tunisie au respect des droits humains, de recourir à la diplomatie publique pour appeler à la libération de personnes détenues, et de garantir qu’aucun financement européen destiné à la gestion des frontières ne bénéficie à des entités impliquées dans des violations des droits des migrants.
La lettre rappelle par ailleurs que les autorités tunisiennes ont annulé un Conseil d’association prévu en octobre 2025 et reporté la visite d’une délégation du Parlement européen en février 2026. La Commission européenne n’a pas encore réagi publiquement à cette lettre.
Les Tunisiens ont donné à ces immigrés tout ce qui pouvait être offert avec « une générosité illimitée », avait plaidé Kaïs Saïed à cette époque, une déclaration vivement critiqué pour la manière dont des centaines de migrants ont été arrêtés en Tunisie, puis « déportés », selon les ONG, vers des zones inhospitalières sur les frontières avec l’Algérie et la Libye.
MK/AK/Sf/APA






