Le Conseil coton anacarde karité (CCAK) a procédé ce vendredi au lancement officiel de la 5ᵉ édition du Salon international des équipements et des technologies de transformation de l’anacarde (SIETTA). L’événement majeur de la filière se tiendra du 12 au 14 novembre 2026 au Palais de la Culture d’Abidjan-Treichville.
Placée sous le thème « La Transformation de l’anacarde : au-delà de l’amande », l’édition 2026 du SIETTA marque un tournant stratégique pour la Côte d’Ivoire, premier producteur mondial de noix brutes. Le thème de cette année traduit la volonté de la Côte d’Ivoire de franchir un nouveau cap industriel.
« Le pays ne veut plus se limiter à l’amande, mais souhaite valoriser l’ensemble des composantes du fruit, notamment la coque et la pomme de cajou », a déclaré le directeur général du Conseil coton anacarde karité, Berté Mamadou, lors de la cérémonie de lancement.
Selon Berté Mamadou, cet espace représente des opportunités d’affaires massives. Le pays dispose, d’ailleurs, d’un gisement annuel de plus de 500 000 tonnes de coques et plus de 8 millions de tonnes de pommes de cajou.
« Il nous faut regarder ensemble la nécessité de développer de nouveaux segments d’activités dictés par l’existence de nouveaux marchés qui vont nous conduire progressivement vers une économie circulaire du cajou », a affirmé M. Berté.
Cette diversification vise à multiplier les sources de revenus de la filière tout en augmentant sa résilience face aux chocs du marché international. Le Conseil coton anacarde karité veut développer la transformation de la pomme et susciter des équipementiers locaux.

Une filière en pleine mutation
La Côte d’Ivoire récolte aujourd’hui les fruits d’une politique gouvernementale axée sur les incitations douanières, fiscales et financières. Les chiffres clés de cette transformation industrielle témoignent d’une progression fulgurante en une décennie :
Le Taux de transformation locale est passé de 6,2 % en 2014 à 43 % en 2025, tandis que le volume transformé s’est établi à 40 383 tonnes en 2014 contre près de 659 000 tonnes en 2025. Aujourd’hui, le pays compte une quarantaine d’usines opérationnelles contre seulement trois en 2014.
Les exportations d’amandes blanches ont connu un bond. Le pays est passé de 8 197 tonnes en 2016 à 107 196 tonnes en 2025. L’ambition du pays est d’atteindre un niveau de transformation de 1 millions de tonnes de noix brutes à l’horizon 2030.
Ces performances exceptionnelles hissent désormais la Côte d’Ivoire au rang de 3ᵉ transformateur mondial de noix brutes et de 2ᵉ exportateur mondial d’amandes de cajou. Le pays fixe à présent son prochain cap : atteindre 1 million de tonnes de noix brutes transformées à l’horizon 2030.
Jérôme Ehui, président du Conseil d’administration du CCAK, s’est réjoui de cette dynamique. Il a émis le souhait de voir le pays intégrer le cercle des nations bio-industrielles grâce à l’implication forte du secteur privé.

Le SIETTA comme catalyseur technologique
Créé en 2014, le SIETTA s’impose aujourd’hui comme le plus grand rendez-vous professionnel de l’industrie mondiale du cajou. Durant trois jours, Abidjan sera le carrefour des innovations technologiques, connectant industriels, investisseurs, équipementiers et exportateurs du monde entier.
Au programme de cette 5ᵉ édition, il est prévu la découverte des dernières technologies de pointe, des rencontres B2B et panels d’experts sur la valorisation des sous-produits, ainsi que la promotion des mécanismes d’investissement en Côte d’Ivoire.
Au nom du Comité scientifique, Simplice Gueu, a dévoilé les grandes nouveautés de l’année : l’introduction d’un « lounge network » spécialement conçu pour la signature directe de contrats, l’aménagement d’un « Village SIETTA », ainsi qu’une cérémonie de distinction des acteurs clés du secteur.
Après avoir mobilisé 15 000 visiteurs et plus d’une trentaine d’équipementiers lors de la précédente édition, les organisateurs affichent une confiance ferme quant au dépassement de ces records en novembre prochain.
AP/Sf/APA






