Un cartel nigéro-mexicain exploitait une usine souterraine de production de drogue synthétique en pleine forêt de l’État d’Oyo. Cinq suspects ont été interpellés, dont un expert mexicain dépêché spécialement pour superviser la fabrication industrielle de méthamphétamine.
Les opératifs de l’Agence nationale de lutte contre les drogues (NDLEA) ont démantelé mercredi un laboratoire clandestin de méthamphétamine à grande échelle dissimulé dans la forêt de Tapa Village, dans la zone de gouvernement local d’Ibarapa North, État d’Oyo (sud-ouest du Nigéria), a annoncé l’agence dans un communiqué de presse mercredi 24 juin.
L’opération, conduite le 17 juin 2026, a permis l’arrestation de cinq membres du cartel, dont un spécialiste mexicain de la méthamphétamine, Jose Villa Ochoa, 56 ans, recruté pour assurer l’expertise technique de la synthèse à grande échelle, ainsi que quatre collaborateurs nigérians : Maxwell Uche Nevoh (30 ans), Olatunji Yusuf (37 ans), Bankole Akeem Owolabi (45 ans) et Ganiu Monsiu (43 ans).
Le laboratoire, décrit comme une véritable chaîne de production industrielle, était équipé d’un réacteur chimique, de deux unités de distillation, de trois mélangeurs-condenseurs et de deux machines de déshydratation. Les agents ont saisi notamment du Phényl-2-propanone (P2P), précurseur principal de la méthamphétamine, des fûts de 1 800 litres d’acide phénylacétique, 300 litres de substance cristalline blanchâtre testée positive à la méthamphétamine, ainsi que de l’acide sulfurique, de la soude caustique et de l’acide tartrique.
Cette saisie intervient moins de quatre semaines après le démantèlement d’un laboratoire similaire dans la forêt d’Ijebu East, État d’Ogun, révélant selon la NDLEA une tentative délibérée d’ériger le couloir sud-ouest en hub de production de drogues synthétiques.
« Que le message soit clair pour tous les cartels, nationaux et internationaux : le Nigeria n’est pas et ne sera jamais un refuge pour votre commerce illicite. Nous vous trouverons dans les villes, nous vous traquerons dans les forêts et nous démantèlerons votre infrastructure de mort », a averti le général Mohamed Buba Marwa, directeur général de la NDLEA.
AC/Sf/APA







