Le paysage entrepreneurial africain s’est donné rendez-vous dans la capitale économique ivoirienne. Ce samedi, la 7e édition de Golden Business Impact a réuni un parterre exceptionnel de dirigeants d’entreprises, d’investisseurs, d’institutions financières, de jeunes diplômés et de partenaires au développement. Tous étaient rassemblés autour d’une thématique cruciale et d’actualité : « Investir dans les jeunes entreprises africaines pour la nouvelle ère ».
Le chemin parcouru est saisissant. Lors de son allocution, Imran Diarrassouba, commissaire général de Golden Business Impact, est revenu avec émotion sur les débuts de l’initiative. En novembre 2019, l’événement démarrait timidement avec seulement deux participants sur les vingt attendus. Aujourd’hui, la plateforme a franchi un cap historique en rassemblant plus de 2 000 participants.
Imran Diarrassouba a réaffirmé la mission centrale de cet espace : bâtir une plateforme d’affaires performante permettant aux PME africaines de se connecter entre elles, mais aussi de créer des ponts solides avec les acteurs des secteurs public et privé.
Dans un monde en mutation rapide où les technologies façonnent les marchés, la jeunesse africaine fait face à des défis majeurs pour développer les solutions de croissance de demain. C’est dans cette dynamique d’intégration que des chefs d’entreprises sénégalais et béninois ont été invités à cette édition, avec pour objectif clair de consolider de nouvelles collaborations transfrontalières.
Le commissaire général, Imran Diarrassouba, a toutefois rappelé les deux principaux nœuds gordiens qui freinent encore les Petites et moyennes entreprises (PME) du continent : l’accès au financement et l’accès aux marchés.
Pour répondre précisément au défi du financement, AFG Bank Côte d’Ivoire s’est positionnée comme le co-organisateur de cette 7e édition. Son directeur général, Daniel Touré, a déploré le fait que trop de talents sur le continent voient leurs ambitions se briser en raison de financements inadaptés.

S’inspirant de la vision du fondateur de la banque, le richissime homme d’affaires ivoirien Koné Dossongui, M. Touré a partagé une formule forte en guise d’héritage : « Il y a dans la détermination quelque chose qui oblige parfois le destin ».
Il a ainsi invité la jeunesse et les start-ups à cultiver trois piliers : l’intégrité – sans laquelle aucune réussite durable ne se bâtit –, une ambition assez vaste pour inquiéter les sceptiques, et une détermination à toute épreuve.
Pour illustrer le rôle vital des petites structures, le directeur général a pris l’exemple de l’Allemagne, où les PME représentent 99,3 % du tissu économique (3,6 millions de PME pour 84 millions d’habitants), garantissant un taux de chômage structurellement bas.
« Alors, jeunes entrepreneurs, osez », a-t-il lancé, rappelant que l’échec est une étape formatrice qui forge les grands destins et renforce la résilience dans le parcours d’un dirigeant d’entreprise.
Invité de marque, Adama Bictogo, député-maire de Yopougon, a salué les parcours inspirants de Koné Dossongui et de Kacou Diagou, qu’il a qualifiés de véritables « champions nationaux ». Selon lui, la force d’un pays repose sur sa capacité à voir ses nationaux s’engager et s’imposer dans des secteurs hautement stratégiques tels que l’énergie, le BTP et les mines.
Rejoignant les speakers précédents sur la perception de l’échec, Adama Bictogo a souligné qu’on ne fait qu’apprendre de ses erreurs. « Un enfant qui naît, avant de marcher, fait du quatre pattes. C’est pareil pour le business », a-t-il imagé.
Partageant son expérience personnelle, il a révélé avoir démarré ses propres affaires avec la somme de 600 000 FCFA, insistant sur le fait que la réussite ne dépend pas d’un capital initial astronomique, mais de la qualité intrinsèque du projet.

Il a exhorté les jeunes à avoir une confiance inébranlable en leurs atouts : « Parfois, le banquier ne finance pas le projet. Il finance votre engagement, la confiance en votre projet et votre engagement personnel. Cela représente 70 % du financement. Alors, chers jeunes, avancez sans douter ».
La journée a également été marquée par un panel de haut niveau dédié aux leviers d’accompagnement des PME. Stanislas Zézé, PDG de l’agence de notation Bloomfield Investment, a jeté un pavé dans la mare en appelant à repenser le modèle économique général.
Pour lui, il faut impérativement adapter les approches aux réalités africaines avant de vouloir s’aligner sur les standards internationaux. M. Zézé a fermement rappelé une réalité bancaire : la banque ne finance pas l’amorçage (le démarrage) des projets, mais intervient pour soutenir la croissance et le développement. Il a donc invité les institutions financières à faire preuve d’innovation pour accompagner les projets à fort potentiel dès leurs phases initiales.
Un exemple concret de cette audace a été apporté par l’entrepreneur béninois Aziz Yerima, co-fondateur de la fintech Paydunya. Débutée avec un capital modeste de 400 000 FCFA, l’entreprise brasse aujourd’hui un volume d’affaires de 4 milliards de FCFA.
Exhortant ses pairs à minimiser les risques d’erreurs sans pour autant craindre le faux pas, il a conclu : « L’échec ne peut pas être une raison de ne pas se lancer. Apprenez, ayez des mentors ». Il a enfin délivré un conseil stratégique aux jeunes pousses : s’unir et se regrouper en consortiums pour peser plus lourd et capter plus facilement les financements majeurs.
Cette 7e édition de Golden Business Impact se referme sur une note d’espoir et d’action, positionnant plus que jamais la Côte d’Ivoire comme le hub de l’accélération entrepreneuriale en Afrique de l’Ouest.
AP/APA






