Des manifestants ont bloqué mardi les accès du bureau de l’Organisation internationale pour les migrations (OIM) à Tripoli afin de protester contre les politiques migratoires menées dans le pays et contre ce qu’ils considèrent comme des tentatives de réinstallation de migrants sur le territoire libyen.
Selon des médias locaux, plusieurs dizaines de personnes se sont rassemblées devant les locaux de l’organisation, érigeant des obstacles en terre pour empêcher l’accès au bâtiment. Les manifestants ont scandé des slogans rejetant toute installation durable de migrants en Libye et réclamant le renvoi des personnes en situation irrégulière vers leurs pays d’origine.
Cette mobilisation s’inscrit dans une vague de protestations qui se poursuit depuis près de deux semaines dans plusieurs villes libyennes. Les manifestations traduisent une inquiétude croissante d’une partie de l’opinion publique face à l’augmentation du nombre de migrants présents dans le pays, ainsi qu’aux conséquences perçues sur la sécurité, l’emploi et les services publics.
Face à ces critiques, le Premier ministre du Gouvernement d’unité nationale (GUN), Abdul Hamid Dbeibeh, a récemment rejeté les accusations faisant état d’un projet de réinstallation de migrants en Libye. Il a affirmé que les autorités poursuivaient des opérations de rapatriement et d’expulsion dans la limite de leurs moyens, tout en soulignant la nécessité d’un soutien international plus important pour gérer les flux migratoires.
L’incident intervient quelques jours après des manifestations visant les bureaux du Haut-Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR) et de la Mission d’appui des Nations Unies en Libye (MANUL) dans la capitale. Ces actions illustrent la sensibilité croissante de la question migratoire dans un pays qui demeure l’une des principales plateformes de transit des migrants cherchant à rejoindre l’Europe par la Méditerranée.
Parallèlement, plusieurs organisations de défense des droits humains ont exprimé leur préoccupation face à la montée des discours hostiles aux migrants. Elles ont mis en garde contre les risques d’incitation à la violence et signalé des cas présumés d’agressions et de mauvais traitements. Ces organisations appellent les autorités et les acteurs internationaux à traiter la question migratoire dans le respect des cadres juridiques et humanitaires, tout en répondant aux préoccupations sécuritaires et socio-économiques exprimées par une partie de la population libyenne.
MK/AK/Sf/APA







