Le Maroc met à la disposition du Mali trois bourses d’excellence pour l’année universitaire 2026-2027. Ce programme ciblé, orienté vers la médecine et les sciences de la santé, s’inscrit dans le cadre du rapprochement académique engagé entre Bamako et Rabat.
Le ministère malien de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique a annoncé l’ouverture des candidatures pour trois bourses d’excellence accordées par l’Agence marocaine de coopération internationale (AMCI), en partenariat avec la Fondation Mohammed VI des Sciences et de la Santé. Le communiqué, daté du 4 juin 2026, fixe la date limite de dépôt des dossiers au lundi 22 juin à 16 heures auprès de la Direction générale de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique.
Ces bourses concernent trois établissements marocains spécialisés dans les sciences de la santé : la Faculté Mohammed VI de Médecine, l’École supérieure Mohammed VI d’ingénierie des sciences de la santé et la Faculté Mohammed VI des sciences infirmières et des professions de la santé. Les filières proposées couvrent notamment la médecine, le génie biomédical, le génie digital en santé, la maintenance biomédicale, l’informatique décisionnelle appliquée à la santé digitale, la kinésithérapie, la physiothérapie, les soins infirmiers de bloc opératoire, les soins polyvalents ainsi que l’anesthésie-réanimation.
Le programme s’adresse aux bacheliers maliens réguliers de la session de juin 2025, âgés de 23 ans au maximum, titulaires au minimum d’une mention Bien et ayant obtenu une moyenne d’au moins 15/20 dans les matières fondamentales des séries scientifiques et techniques concernées. Les candidats doivent également maîtriser la langue française. La partie malienne présélectionnera six dossiers, parmi lesquels la partie marocaine retiendra trois bénéficiaires.
La prise en charge est particulièrement avantageuse. La Fondation Mohammed VI des Sciences et de la Santé assure l’exonération des frais d’inscription et de scolarité, ainsi que la prise en charge de l’hébergement universitaire. De son côté, l’AMCI couvre le transport aérien au début et à la fin de la formation, l’accueil à Casablanca, un billet vers Dakhla, une allocation mensuelle de 750 dirhams, la restauration universitaire ainsi que l’assurance maladie-décès.
Au-delà du nombre limité de places, ce programme revêt une portée symbolique importante. Il intervient deux mois après la visite à Bamako du ministre marocain des Affaires étrangères, Nasser Bourita, reçu le 10 avril par le président de la Transition, Assimi Goïta. Cette visite avait été présentée par les deux parties comme une étape de consolidation des relations bilatérales, notamment dans les domaines économique, académique et sécuritaire.
La coopération universitaire occupe une place particulière dans ce rapprochement. Selon plusieurs sources, le nombre de bourses marocaines accordées aux étudiants maliens aurait été porté à 300 bénéficiaires. Les trois bourses d’excellence annoncées dans les sciences de la santé ne résument pas à elles seules cet engagement plus large, mais elles en constituent une illustration concrète dans des filières où les besoins du Mali demeurent considérables.
La santé figure en effet parmi les secteurs les plus sensibles du pays. Le Mali fait face à d’importants besoins en médecins, infirmiers spécialisés, techniciens biomédicaux et autres professionnels capables d’accompagner la modernisation des infrastructures sanitaires. En orientant ces bourses vers la médecine, le génie biomédical, la santé digitale et l’anesthésie-réanimation, Rabat cible des formations directement liées aux défis structurels du système de santé malien.
Cette offre s’inscrit également dans une dynamique plus large entre le Maroc et les pays du Sahel. Depuis l’initiative royale visant à faciliter l’accès des États sahéliens à l’océan Atlantique, Rabat s’efforce de renforcer ses liens avec le Mali, le Burkina Faso et le Niger à travers des projets de mobilité, de formation, de commerce et de désenclavement. Pour Bamako, ce partenariat constitue une opportunité de diversifier ses appuis dans un environnement régional en pleine recomposition.
Pour les étudiants maliens concernés, l’enjeu est immédiat. Trois places seulement seront attribuées à l’issue d’une sélection exigeante. Toutefois, pour les candidats retenus, ces bourses peuvent ouvrir la voie à un parcours de formation dans des domaines rares, coûteux et fortement recherchés. À terme, leur retour pourrait contribuer au renforcement des compétences nationales dans un secteur où le besoin en ressources humaines qualifiées reste particulièrement pressant.
L’annonce ne transformera pas à elle seule la coopération universitaire entre Bamako et Rabat. Elle illustre néanmoins la concrétisation progressive des engagements académiques à travers des programmes ciblés dans des filières stratégiques. Dans la relation entre le Mali et le Maroc, les bourses apparaissent ainsi comme un véritable instrument de diplomatie humaine, à la croisée de la formation, de la santé et de l’influence.
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