Le 9 juin est une date qui réunit plusieurs épisodes marquants de l’histoire africaine contemporaine, des combats pour la liberté aux transitions démocratiques, en passant par les mobilisations populaires et les tragédies qui ont marqué le continent.
En Ouganda, le 9 juin est célébré comme la Journée nationale des héros (National Heroes Day). Ce jour férié rend hommage aux hommes et aux femmes ayant contribué à la construction du pays. La commémoration trouve son origine dans la mort d’Edidian Mukiibi Luttamaguzi, tué le 9 juin 1981 après avoir refusé de révéler aux forces gouvernementales la cachette de combattants de la rébellion de la National Resistance Army (NRA). Depuis son institution officielle en 2001, la journée honore l’ensemble des personnalités considérées comme des héros nationaux.
Le 9 juin 1964, alors qu’il est détenu dans le cadre du procès de Rivonia, Nelson Mandela poursuit ses études de droit en passant des examens de l’Université de Londres depuis sa cellule. Quelques jours plus tard, le dirigeant de l’ANC et ses coaccusés sont condamnés à la prison à vie. Cet épisode demeure l’un des symboles de sa détermination à poursuivre son éducation malgré l’emprisonnement.
Quatre ans auparavant, en 1962, Mandela se trouve encore en liberté et mène une tournée clandestine à travers plusieurs pays africains et européens afin de mobiliser un soutien politique et militaire à la lutte contre l’apartheid. Les consultations engagées durant cette période contribueront à renforcer l’internationalisation du combat de l’ANC contre le régime ségrégationniste sud-africain.
Au Nigéria, le 9 juin 1998 marque un tournant majeur. Au lendemain de la mort du général Sani Abacha, le général Abdulsalami Abubakar prête serment comme chef de l’État. Son accession au pouvoir ouvre une transition politique rapide qui débouche sur le retour à un régime civil et l’élection d’Olusegun Obasanjo en 1999, mettant fin à plusieurs années de domination militaire.
Le 9 juin 2019 est également une date importante dans l’histoire récente du Soudan.
Quelques jours après la dispersion sanglante du sit-in de Khartoum, l’Association des professionnels soudanais lance une campagne de désobéissance civile et une grève générale à travers le pays. La mobilisation accentue la pression sur le Conseil militaire de transition et contribue à la conclusion d’un accord de partage du pouvoir entre civils et militaires quelques mois plus tard.
La même nuit, au Mali, le village dogon de Sobane Da, dans la région de Mopti, est attaqué lors de l’un des massacres les plus meurtriers de l’histoire récente du pays. Plus d’une centaine de personnes trouvent la mort dans cette attaque qui illustre la montée des violences communautaires et l’aggravation de la crise sécuritaire dans le centre du Mali.
Sf/APA







