Le chef du Mouvement pour l’autodétermination de la Kabylie (MAK), Ferhat Mehenni, a affirmé que la récente position exprimée par Alger sur les négociations autour du Sahara marocain traduisait un recul stratégique du pouvoir algérien après plusieurs décennies de soutien au Polisario.
Le dirigeant du MAK réagissait aux propos du ministre algérien des Affaires étrangères, Ahmed Attaf saluant l’ouverture de négociations directes entre le Maroc et le Front Polisario. Ferhat Mehenni y voit «l’abandon d’une doctrine et d’une ambition algériennes visant à ériger l’Algérie en puissance régionale».
Ahmed Attaf a réaffirmé dimanche la position d’Alger sur le dossier du Sahara marocain, dans un contexte marqué par les appels occidentaux et onusiens en faveur d’une implication directe de l’Algérie dans les discussions aux côtés du Maroc et du Front Polisario.
Le chef du MAK rappelle que le régime algérien a consacré, depuis plus d’un demi-siècle, des ressources politiques, diplomatiques et militaires importantes au soutien du Polisario afin d’empêcher, selon ses termes, «le Maroc de récupérer le Sahara». Il évoque «des centaines de milliards de dollars gaspillés» et «des dizaines de milliers de Sahraouis sacrifiés» dans un conflit qu’il considère désormais comme politiquement dépassé.
Prolongeant cette lecture, le chef du MAK a salué «la victoire du réalisme» et exprimé l’espoir que l’évolution de la position algérienne à l’égard du Sahara marocain ouvre également la voie à un dialogue sur la question kabyle. «Puisque l’Algérie salue l’ouverture de négociations directes entre le Maroc et le Polisario, ne serait-il pas temps qu’elle ouvre, à son tour, des négociations directes avec le MAK», a-t-il déclaré.
Ferhat Mehenni a également insisté sur le caractère pacifique de son mouvement, qu’il présente comme «ouvert au dialogue» et distinct des organisations armées. Il rappelle que le MAK a proclamé l’indépendance de la Kabylie le 14 décembre 2025 en s’appuyant, selon lui, sur «le droit international» et sur «l’aspiration légitime du peuple kabyle à son autodétermination».
Il a enfin appelé les autorités algériennes à libérer «tous les prisonniers politiques kabyles», à abroger les «lois liberticides» visant son mouvement et à engager un processus politique fondé sur «le respect mutuel entre l’Algérie et la Kabylie».
MK/Sf/APA






