Le nombre de candidatures enregistrées pour les législatives anticipées du 2 juillet en Algérie affiche un net recul par rapport au précédent scrutin de 2021, malgré la volonté des autorités de présenter cette échéance comme une nouvelle étape de «renouvellement politique».
Les données publiées par l’Autorité nationale indépendante des élections (Anie) mettent en évidence un essoufflement visible de la dynamique électorale en Algérie, y compris parmi les listes indépendantes qui avaient constitué l’un des principaux marqueurs du scrutin précédent, signifiant une forte baisse du nombre de candidatures déposées par rapport aux législatives du 12 juin 2021.
Selon le bilan communiqué par l’Anie à la clôture des dépôts lundi à minuit, 786 dossiers de candidature collective ont été déposés dans les 69 circonscriptions de l’intérieur du pays.
Parmi eux figurent 647 listes présentées par 32 partis politiques, une seule coalition et 138 listes indépendantes, pour un total de 10´144 candidats potentiels. Les circonscriptions de la diaspora enregistrent de leur côté 66 dossiers seulement, représentant 528 candidats.
Ce volume reste très inférieur aux chiffres des législatives du 12 juin 2021, lorsque 1´483 listes avaient finalement été validées, dont 837 listes indépendantes.
Le contraste apparaît d’autant plus significatif que le précédent scrutin avait été marqué par le boycott de plusieurs partis d’opposition, alors que les autorités présentent aujourd’hui ces élections anticipées comme une consultation destinée à renforcer la représentativité des institutions.
Le décalage entre les retraits de formulaires et les candidatures effectivement déposées illustre également les difficultés rencontrées par une grande partie des prétendants. L’Anie indique que 1´484 dossiers avaient été retirés avant le dépôt final, dont 275 pour des indépendants.
Pourtant, moins de la moitié ont abouti à une candidature complète. Les autorités évoquent implicitement les obstacles liés aux conditions administratives et à la collecte des signatures, un mécanisme régulièrement critiqué par plusieurs acteurs politiques qui y voient un filtre limitant l’accès à la compétition électorale.
Le recul apparaît particulièrement marqué du côté des candidatures indépendantes, pourtant largement mises en avant par le pouvoir lors des précédentes élections comme symbole d’ouverture politique après le Hirak. En 2021, les indépendants représentaient plus de la moitié des listes validées.
Le niveau actuel des dépôts suggère au contraire une perte d’attractivité du processus électoral et une capacité plus réduite des acteurs non partisans à mobiliser localement.
Cette baisse des candidatures intervient dans un climat politique toujours marqué par une faible mobilisation électorale et par des interrogations persistantes sur la capacité des institutions issues des scrutins récents à restaurer la confiance politique. Le processus reste par ailleurs loin d’être achevé puisque l’examen des dossiers pourrait encore réduire le nombre définitif de listes autorisées à participer au scrutin du 2 juillet.
MK/AK/Sf/APA







