Le Caire et Kampala intensifient leur coordination politique, économique et hydraulique, avec un accent sur la gouvernance du Nil et les échanges commerciaux.
Le ministre égyptien des Affaires étrangères, Badr Abdelatty, a plaidé au Caire pour un renforcement du consensus entre les pays du bassin du Nil, à l’occasion d’un entretien mercredi avec son homologue ougandais Henry Okello.
Selon un communiqué du ministère égyptien des Affaires étrangères, cette rencontre s’inscrit dans une volonté de relancer une coordination régionale jugée essentielle pour restaurer l’inclusivité de l’Initiative du bassin du Nil, dans un contexte marqué par des désaccords persistants autour de la gestion des ressources hydriques.
Prolongeant cet échange, les deux responsables ont mis en avant la solidité des relations historiques entre Le Caire et Kampala, tout en appelant à une intensification de la coopération bilatérale. Les discussions ont porté sur plusieurs secteurs jugés stratégiques, notamment les infrastructures, l’énergie, la gestion de l’eau et l’industrie pharmaceutique.
Badr Abdelatty a également insisté sur la nécessité de soutenir l’expansion des entreprises égyptiennes en Ouganda et d’améliorer l’accès des exportations égyptiennes aux marchés est-africains.
Cet approfondissement des relations s’inscrit dans une dynamique économique plus large, illustrée par les flux d’investissements entre l’Égypte et le reste du continent. Selon les données officielles, les investissements égyptiens en Afrique atteignent 10,2 milliards de dollars, soit environ 9,4 milliards d’euros, tandis que les investissements africains en Égypte s’élèvent à 2,8 milliards de dollars, soit près de 2,6 milliards d’euros. Ces volumes traduisent une stratégie d’expansion économique orientée vers l’Afrique, avec l’Ouganda identifié comme un point d’ancrage en Afrique de l’Est.
Dans le prolongement de cette logique, les deux parties ont également convenu de renforcer la coopération dans le domaine sanitaire, avec un projet de création d’un centre médical égyptien à Jinja.
Les échanges culturels et éducatifs figurent aussi parmi les priorités, avec un accent mis sur les bourses d’études et les partenariats universitaires, notamment via l’institution Al-Azhar, afin de consolider les liens humains entre les deux pays.
Au-delà du cadre bilatéral, les discussions ont intégré les principaux dossiers régionaux. Les ministres ont évoqué les efforts diplomatiques de l’Égypte pour réduire les tensions au Moyen-Orient, promouvoir la paix et mettre fin à la guerre à Gaza. La situation dans la Corne de l’Afrique, la région des Grands Lacs, le Soudan, la Somalie ainsi que la sécurité en mer Rouge ont également été abordées, traduisant une convergence de vues sur les enjeux de stabilité régionale.
MK/Sf/APA







