Réunissant institutions publiques, partenaires internationaux et acteurs de terrain, l’Initiative digitale en économie solidaire -DICE, sigle anglais- Africa ambitionne de lever les contraintes structurelles des PME du secteur numérique, tout en faisant émerger des solutions digitales capables de transformer durablement la gestion des déchets en opportunités économiques et sociales.
Le Sénégal amorce une nouvelle phase dans le développement de son économie circulaire avec le lancement officiel du projet DICE Africa. Au cœur de cette initiative : l’ambition de connecter innovation numérique, entrepreneuriat local et valorisation des déchets, dans un contexte où le pays produit plus de 3 millions de tonnes de déchets par an, mais peine encore à structurer ses chaînes de valeur.
Dès l’ouverture, les porteurs du projet ont insisté sur l’importance stratégique du pays de la Teranga dans ce dispositif régional.
« Le Sénégal est l’un des pays clés de mise en œuvre de DICE Africa. C’est donc une étape très importante pour nous d’y organiser ce lancement », a souligné Oluwatosin Ajide, Program manager de DICE Africa.
Selon lui, cette rencontre vise à « mobiliser les partenaires, renforcer leur engagement et mieux faire comprendre l’importance du projet ainsi que son impact potentiel sur le développement du pays. »
L’identification et l’accompagnement des innovateurs locaux est au centre de ce dispositif. « Notre première priorité est d’identifier et de cartographier les innovateurs locaux », a-t-il précisé, évoquant notamment l’organisation d’un hackathon destiné à « mettre en lumière ces talents, stimuler leur créativité et les accompagner dans la conception de solutions innovantes. »
Ces solutions devront permettre de « soutenir et renforcer les entreprises circulaires », dans un secteur encore fragmenté.
L’initiative bénéficie du soutien du Centre de recherches pour le développement international ( CRDI), qui accompagne le projet dans une logique de transformation durable.
« Il ne s’agit pas d’un appui ponctuel, mais d’un investissement structurant visant à poser les bases d’initiatives durables », a expliqué Flaubert Mbiekop, spécialiste principal de programme.
Doté d’un budget d’environ un million de dollars canadiens pour quatre pays, le projet combine recherche, renforcement des capacités et mobilisation de financements sur une période de 30 mois.
Pour les autorités canadiennes, l’enjeu dépasse le seul cadre économique. « Ce projet répond à une double ambition : créer des opportunités économiques tout en contribuant à la protection de l’environnement », a affirmé Marcel Lebleu, ambassadeur du Canada au Sénégal. Il a également insisté sur l’impact social de l’initiative, notamment pour « les femmes et les jeunes engagés dans cette filière. »
Du côté du gouvernement sénégalais, le projet s’inscrit pleinement dans les orientations nationales en matière de transformation digitale. Représentant le ministère de la Communication, des Télécommunications et du Numérique, Serigne Abdou Lahad Sylla a salué une initiative « en phase avec la dynamique de transformation numérique engagée par l’État. »
Il a notamment mis en avant la dimension inclusive du projet, qui vise à « créer des opportunités économiques grâce au numérique, notamment pour les personnes en situation de handicap et les groupes vulnérables. »
Au-delà des discours, l’atelier a permis de poser les bases d’un diagnostic partagé. Les défis identifiés restent nombreux : manque de structuration des chaînes de valeur, difficultés d’accès au financement, faible coordination entre acteurs. Pourtant, le contexte numérique apparaît favorable, avec un taux de pénétration mobile supérieur à 100 % et une accessibilité croissante des services digitaux.
Pour les promoteurs du projet, l’enjeu est désormais clair : articuler l’économie circulaire et le numérique afin de faire émerger des solutions concrètes. « Les innovateurs jouent un rôle essentiel. Ils sont au cœur de la recherche de solutions locales adaptées aux réalités du terrain », a rappelé Oluwatosin Ajide.
À terme, ces solutions devraient alimenter une plateforme numérique nationale dédiée, conçue pour structurer les acteurs, faciliter les échanges et renforcer la compétitivité des PME. Une ambition qui pourrait, si elle se concrétise, transformer durablement le paysage de l’économie circulaire au Sénégal et dans la sous-région.
ARD/ac/Sf/APA







