Youssouf Sissoko, directeur de publication de l’hebdomadaire L’Alternance, a été placé sous mandat de dépôt à Bamako après la parution d’un article début février. Son procès est fixé au 9 mars 2026 devant le Pôle national de lutte contre la cybercriminalité.
Présenté le jeudi 5 février 2026 devant le procureur près le Pôle national de lutte contre la cybercriminalité, le journaliste Youssouf Sissoko a été placé sous mandat de dépôt à l’issue de sa comparution. La procédure fait suite à la publication d’un article dans la livraison numéro 200 de L’Alternance, datée du lundi 2 février 2026, selon un communiqué de l’Association des éditeurs de presse privée publié le même jour.
L’article en question porte sur la réaction du président nigérien, Abdourahamane Tiani suite à l’attaque du 28 au 29 contre l’aéroport de Niamey, revendiquée par le groupe Etat islamique.
Les charges retenues contre le journaliste sont la diffusion de fausses informations, l’atteinte au crédit de l’État et l’offense à un chef d’État étranger. L’audience de jugement a été fixée au 9 mars 2026.
L’incrimination d’offense envers un chef d’État étranger est prévue par le Code pénal malien et a déjà été appliquée dans des dossiers récents. En novembre 2024, Issa Kaou N’Djim, ancien membre du Conseil national de transition et ex-bras droit de l’imam Mahmoud Dicko, avait été interpellé après des propos tenus lors d’une émission diffusée sur une chaîne de télévision privée.
Il avait été jugé et condamné en décembre 2024 pour offense envers un chef d’État étranger, avant d’être libéré après avoir purgé la partie ferme de sa peine.
En mai 2025, le journaliste Seydou Oumar Traoré avait également été arrêté à Bamako à la suite de déclarations publiques visant un chef d’État étranger. Il avait été poursuivi sur le même fondement juridique et condamné à une peine d’emprisonnement, avant d’être remis en liberté en novembre 2025 après avoir exécuté une partie de sa condamnation.
Dans le cas de Youssouf Sissoko, l’Association des éditeurs de presse privée a exprimé sa solidarité avec le directeur de publication de L’Alternance et indiqué suivre l’évolution de la procédure judiciaire.
L’organisation professionnelle a rappelé son attachement à la liberté d’expression et de presse, en se référant aux dispositions de la Constitution malienne du 22 juillet 2023.
MD/ac/Sf/APA







