Aluki Kotierk, représentante inuite au Forum permanent des Nations Unies, a appelé à la reconnaissance des peuples autochtones comme partenaires à part entière dans la gouvernance mondiale de l’eau, lors de la conférence préparatoire au sommet de 2026 qui s’est ouvert ce lundi à Diamniadio, en périphérie de Dakar.
Les peuples autochtones doivent être reconnus comme des « détenteurs de droits et partenaires » à part entière dans la gestion de l’eau, et non comme de simples parties prenantes, a plaidé, lundi à Diamniadio (Sénégal) Aluki Kotierk, représentante inuite au Forum permanent des Nations Unies sur les questions autochtones, lors de la conférence préparatoire à Dakar en vue du sommet mondial sur l’eau de décembre 2026.
S’exprimant devant les délégations réunies dans la capitale sénégalaise, Mme Kotierk a souligné que la crise mondiale de l’eau représente avant tout « une crise de gouvernance et de droits humains. »
Elle a rappelé que les communautés autochtones, bien qu’étant « parmi les gestionnaires les plus efficaces des écosystèmes d’eau douce à l’échelle mondiale », demeurent « touchées de manière disproportionnée par la pénurie d’eau, la pollution, les impacts du changement climatique et leur exclusion des processus décisionnels. »
La représentante inuite a dénoncé le fait que les décisions concernant l’allocation de l’eau, les infrastructures et les activités extractives sont trop souvent prises « sans le consentement libre, préalable et éclairé des peuples autochtones, et sans reconnaissance de leurs droits, de leurs systèmes de savoirs et de leurs institutions de gouvernance. »
Des savoirs ancestraux indispensables
Pour les populations autochtones, l’eau transcende sa simple dimension de ressource naturelle. « Elle est le fondement même de la vie, de la culture, des systèmes de gouvernance et de la responsabilité intergénérationnelle », a expliqué Mme Kotierk, illustrant son propos par l’anecdote d’un bloc de glace transporté par son père depuis l’Arctique canadien jusqu’à Vancouver, symbole du lien sacré des Inuits avec l’eau pure.
Le président sénégalais Bassirou Diomaye Faye a abondé dans ce sens, affirmant qu’aucune transformation durable ne sera possible sans l’implication des communautés locales et des peuples autochtones. « Leurs connaissances des territoires et des cycles naturels constituent une richesse irremplaçable. La science et les données doivent dialoguer avec ces savoirs », a-t-il déclaré.
Le Forum permanent appelle à une refonte complète de l’approche en matière de gouvernance de l’eau. Parmi les recommandations figurent la reconnaissance et la protection des droits autochtones à l’eau conformément à la Déclaration des Nations Unies sur les droits des peuples autochtones, ainsi que la mise en place de mécanismes institutionnalisés de cogouvernance.
L’instance préconise également la reconnaissance des systèmes de connaissances autochtones aux côtés des approches scientifiques, et l’instauration de mécanismes de responsabilité pour les préjudices causés.
« Loin d’être des obstacles au développement, ces éléments constituent des leviers essentiels de durabilité, de stabilité et de paix », a martelé Mme Kotierk.
La prochaine session du Forum permanent, prévue du 20 avril au 1er mai 2026, offrira un espace de dialogue sur les modalités de participation des peuples autochtones à la Conférence des Nations unies sur l’eau de 2026 aux Émirats arabes unis.
« La protection des droits des peuples autochtones à l’eau n’est pas seulement une question de justice: c’est un impératif stratégique pour atteindre l’Objectif de développement durable n°6, répondre à la crise climatique et garantir un impact durable pour les générations présentes et futures », a conclu la représentante inuite.
ARD/ac/APA





