Le président algérien prononce ce mardi son discours annuel sur l’état de la nation, un exercice institutionnel très encadré, alors que persistent des fragilités économiques, sociales et politiques malgré le récit officiel de « réalisations ».
Le président algérien Abdelmadjid Tebboune doit prononcer, ce mardi à Alger, son traditionnel discours sur l’état de la nation devant les membres des deux chambres du Parlement, réunies en session extraordinaire au Palais des Nations. Ce rendez-vous, devenu régulier depuis 2023, intervient à la clôture d’une année 2025 marquée par une communication officielle mettant en avant des avancées sociales et économiques, mais aussi par des déséquilibres structurels persistants.
Présentée par les autorités comme une allocution « charnière », cette prise de parole vise autant à dresser le bilan de l’action gouvernementale qu’à esquisser les orientations de 2026. Le pouvoir insiste sur les augmentations de salaires, d’allocations sociales et de pensions, ainsi que sur des mesures de soutien à l’emploi et à la création d’entreprises. Ces annonces, régulièrement mises en avant depuis plusieurs années, interviennent toutefois dans un contexte d’inflation durable, de pouvoir d’achat sous pression et de dépendance accrue aux recettes des hydrocarbures.
Sur le plan des infrastructures, l’exécutif met en avant la mise en service de stations de dessalement destinées à renforcer la sécurité hydrique du pays. Si ces projets ont permis d’atténuer certaines pénuries locales, ils n’ont pas fait disparaître les problèmes structurels de gestion de l’eau, notamment dans les régions de l’intérieur, ni les interrogations sur leur coût et leur soutenabilité à long terme.
Le discours présidentiel devrait également revenir sur les grands chantiers dits « structurants », allant du logement à l’exploitation minière, en passant par la relance d’usines confisquées à l’ancienne oligarchie. Là encore, les annonces contrastent avec une diversification économique jugée limitée par de nombreux observateurs, et un secteur privé toujours étroitement dépendant de l’État et de la commande publique.
Sur le plan politique, l’allocution s’inscrit dans un paysage institutionnel verrouillé, marqué par une faible participation électorale et une restriction persistante de l’espace public et médiatique. Les réformes mises en avant dans l’éducation et la santé, notamment à travers de nouveaux statuts professionnels, peinent à masquer les tensions sociales récurrentes et le malaise exprimé par plusieurs corps de métiers.
À l’international, Alger revendique une diplomatie active, notamment au Conseil de sécurité de l’ONU, où elle se présente comme porte-voix de causes africaines et arabes. Cette posture n’a cependant pas suffi à atténuer l’isolement régional croissant du pays, ni les crispations avec plusieurs voisins.
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