Le Comité de la Présidence de l’Union internationale des magistrats (UIM) a exprimé son soutien au juge Anas Hmedi, président de l’Association des magistrats tunisiens (AMT), à la suite d’informations faisant état de l’ouverture de nouvelles poursuites pénales à son encontre en Tunisie. Ces procédures seraient fondées sur des déclarations médiatiques effectuées par le magistrat dans l’exercice de ses fonctions associatives, en défense de l’indépendance du pouvoir judiciaire.
Dans un communiqué, l’UIM rappelle avoir déjà alerté les plus hautes autorités tunisiennes dans une lettre datée du 26 octobre 2025, adressée au Président de la République, au Chef du gouvernement et à la Ministre de la Justice. L’organisation y faisait part de ses « profondes inquiétudes » quant à la situation de la justice en Tunisie et appelait à mettre un terme aux poursuites disciplinaires et pénales visant le président de l’AMT, estimant qu’elles étaient directement liées à son action associative.
Le Comité de la Présidence « condamne ces poursuites pénales dirigées contre le Président Anas Hmedi, qui s’ajoutent à celles engagées depuis 2022 », soulignant qu’elles le ciblent pour son engagement à la tête de l’AMT en faveur de « la promotion, la protection et la sauvegarde de l’indépendance du pouvoir judiciaire en Tunisie ».
L’UIM affirme que cette action s’inscrit pleinement dans ses principes statutaires ainsi que dans les normes internationales relatives à l’indépendance, à l’impartialité et à la responsabilité de la justice.
Le communiqué rappelle également que les magistrats doivent pouvoir participer, individuellement et collectivement, au débat public sur l’organisation, le fonctionnement et l’indépendance de la justice, dans le respect de leurs obligations professionnelles. « Ils ne doivent pas craindre de pressions, de mesures dissuasives ni de procédures susceptibles d’entraver l’exercice de leurs fonctions institutionnelles », insiste l’organisation.
L’UIM appelle « fermement » les autorités tunisiennes à mettre fin aux « représailles et au harcèlement » visant le président de l’AMT ainsi que l’ensemble des magistrats exprimant librement leur attachement à une justice indépendante. Elle exhorte par ailleurs l’État tunisien à respecter les normes internationales garantissant l’indépendance de la justice ainsi que les droits d’expression et d’association des juges, tels que consacrés par le Statut universel du juge adopté par l’UIM.
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