Deuxième consommateur de charbon en Afrique derrière l’Afrique du Sud, le Maroc maintient une dépendance élevée à ce combustible tout en préparant un retrait progressif de la production électrique au charbon à l’horizon 2040, selon un nouveau rapport de l’Agence internationale de l’énergie.
Le Maroc figure au deuxième rang des pays africains consommateurs de charbon, avec une demande estimée à environ 10 millions de tonnes en 2025, d’après les dernières perspectives «Charbon 2025» publiées par l’Agence internationale de l’énergie. Cette consommation devrait rester globalement stable jusqu’à la fin de la décennie, plaçant le Royaume derrière l’Afrique du Sud mais loin devant les autres économies du continent.
Selon l’AIE, cette stabilité ne traduit pas un ralentissement de la transition énergétique marocaine, mais plutôt une stratégie graduelle visant à préserver la sécurité d’approvisionnement électrique. Le charbon demeure en effet un pilier du système électrique national, en particulier pour la production de base, dans un contexte marqué par une demande croissante en électricité et des contraintes de flexibilité du réseau.
Le rapport souligne toutefois une orientation politique clairement affirmée. Le Maroc s’est formellement engagé à mettre fin à la production d’électricité à partir du charbon d’ici 2040, un objectif inscrit dans son plan climat révisé. Cette échéance constitue l’un des axes structurants de la trajectoire énergétique nationale, qui privilégie une transition progressive plutôt qu’une sortie brutale des capacités existantes.
Dans cette perspective, les énergies renouvelables sont appelées à jouer un rôle déterminant. L’AIE anticipe que la production d’électricité d’origine renouvelable au Maroc augmentera de plus de 50 % d’ici 2030 par rapport aux niveaux de 2025. Cette expansion devrait progressivement réduire la part relative du charbon dans le mix électrique, même si la consommation absolue de ce combustible ne recule pas immédiatement.
À l’échelle mondiale, la situation marocaine s’inscrit dans une dynamique contrastée. Selon l’AIE, la demande mondiale de charbon devrait se stabiliser d’ici 2030, autour des niveaux observés entre 2023 et 2025, mettant fin à plusieurs décennies de croissance. Cette moyenne masque cependant de fortes disparités : les économies avancées poursuivent leur désengagement du charbon, tandis que plusieurs économies émergentes, notamment en Asie, continuent d’y recourir pour des raisons de sécurité énergétique.
Globalement, la part du charbon dans la production mondiale d’électricité devrait passer de 35 % en 2024 à 27 % en 2030, le combustible étant de plus en plus utilisé comme source d’appoint. Dans ce contexte, la prochaine décennie s’annonce décisive pour le Maroc, appelé à concilier stabilité du système électrique et accélération effective de la sortie du charbon.
MK/Sf/APA







