L’Égypte forme actuellement des centaines de candidats à la police palestinienne destinés à sécuriser Gaza après la guerre,
Pour le programme égyptien soutenu par l’Autorité palestinienne, mais qui ravive les questions sur le rôle indirect d’Israël dans la future architecture sécuritaire, l’entraînement de policiers en formation pour Gaza, confirmé par un responsable palestinien sous anonymat auprès de l’AFP, est mené au Caire en plusieurs sessions. Un premier contingent de plus de 500 candidats a suivi une formation de deux mois au printemps, tandis qu’une deuxième session est prévue en septembre 2025.
Des centaines d’autres recrues doivent encore rejoindre les centres égyptiens. Tous seront ensuite déployés dans la bande de Gaza, leurs salaires étant versés par l’Autorité palestinienne basée à Ramallah.
Un jeune candidat palestinien de 26 ans, également sous anonymat, a confié son enthousiasme à l’idée de « servir le pays » une fois la guerre terminée. Il espère l’émergence d’une force « indépendante, loyale uniquement aux Palestiniens et non soumise à des objectifs externes », signe des tensions persistantes autour des ingérences internationales, notamment israéliennes.
La coordination de ce programme a été ordonnée par Mahmoud Abbas, qui a chargé son ministre de l’Intérieur, Ziad Hab Al-Reeh, de travailler avec les autorités égyptiennes. Les discussions de paix menées fin 2024 ont abouti à l’approbation de 10 000 candidats issus des différentes factions palestiniennes, dont 5 000 seront formés directement en Égypte et 5 000 autres provenant de la police actuelle de Gaza, sous contrôle du Hamas depuis 2007. Un comité technocratique, validé par toutes les parties, supervisera la future force de sécurité.
Un responsable du Hamas a confirmé que ces mesures s’inscrivent dans les négociations en cours sur la gouvernance sécuritaire de Gaza. Le ministre égyptien des Affaires étrangères, Badr Abdelatty, a d’ailleurs rappelé en août 2025 que l’Égypte entend former jusqu’à 5 000 policiers palestiniens.
La formation figure également dans le plan de paix soutenu par Washington, qui a permis un accord de cessez-le-feu entre le Hamas et Israël, désormais entériné par une résolution du Conseil de sécurité.
L’Union européenne envisage aussi de former environ 3 000 policiers palestiniens selon un modèle similaire à celui appliqué en Cisjordanie, où elle finance depuis 2006 une mission de formation dotée d’un budget annuel d’environ 13 millions d’euros. Toutefois, le dispositif européen demeure flou, notamment sur ses modalités opérationnelles à Gaza.
Pour certains cadres du Hamas, la multiplication de ces initiatives soulève la question de l’implication israélienne dans la future structure sécuritaire de l’enclave. Alors que la reconstruction politique et matérielle de Gaza se dessine encore dans l’incertitude, la formation des nouvelles forces de police apparaît comme l’un des enjeux les plus sensibles de l’après-guerre.
MK/AK/Sf/APA





