Selon plusieurs spécialistes de la région, en se rapprochant de la Somalie, l’Algérie cherche à consolider sa présence diplomatique en Afrique de l’Est dans un contexte de rivalités géopolitiques accrues.
En déplacement officiel à Alger, le président somalien Hassan Sheikh Mohamed a été reçu lundi par Abdelmadjid Tebboune pour la signature d’une série d’accords bilatéraux. Malgré un protocole soigneusement orchestré, ces engagements apparaissent, aux yeux de nombreux observateurs, déphasés par rapport à la capacité effective de l’Algérie à mener à terme ses partenariats internationaux.
En effet, les accords récemment dévoilés semblent relever davantage de déclarations d’intention que d’engagements assortis de moyens concrets.
La cérémonie d’accueil du président somalien, organisée mardi à la Présidence, a permis de formaliser plusieurs accords présentés comme « stratégiques ». Alger affirme vouloir intensifier sa coopération avec Mogadiscio dans divers domaines. Pourtant, les précédentes annonces du même type—rarement suivies de réalisations—continuent d’alimenter les doutes quant à leur mise en œuvre réelle.
Cette visite s’inscrit dans une phase où Alger multiplie les signaux diplomatiques, sans pour autant détailler les mécanismes concrets nécessaires à la réalisation de ses engagements.
Si les autorités algériennes évoquent une « volonté politique forte » pour renforcer les relations bilatérales, elles n’ont fourni aucune précision sur les financements, les échéances ou les dispositifs de suivi destinés à encadrer les accords. Plusieurs partenaires africains rappellent d’ailleurs que des coopérations similaires annoncées par Alger n’ont jamais abouti, faute de moyens budgétaires ou techniques.
Parmi les documents signés figure un mémorandum d’entente dans le domaine de l’enseignement supérieur, accompagné d’un programme exécutif couvrant la période 2026–2029. Celui-ci prévoit des échanges d’expertise, des bourses d’études et un appui à la recherche. Toutefois, les universités algériennes étant confrontées à des difficultés structurelles—insuffisance d’encadrement, faible ouverture internationale, capacités d’accueil limitées—la mise en œuvre de ce programme apparaît incertaine.
Bien que la coopération éducative ait été présentée comme prioritaire, aucune information n’a été fournie quant au nombre de bourses, au financement des échanges ou aux établissements impliqués. La Somalie n’a pas non plus obtenu de garanties concernant un dispositif de suivi, un point régulièrement soulevé dans d’autres partenariats non aboutis d’Alger sur le continent.
Pour Mogadiscio, cette visite ouvre néanmoins une fenêtre de coopération potentielle. Mais sa concrétisation dépendra de la capacité de l’Algérie à dépasser les obstacles qui ont freiné ses précédents engagements africains.
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