À la suite du retrait de Madagascar, engagé dans une transition politique interne, les chefs d’État et de gouvernement de la Communauté de développement de l’Afrique australe (SADC) ont désigné, vendredi, l’Afrique du Sud pour assurer la présidence intérimaire de l’organisation régionale jusqu’en août 2026. La décision a été entérinée lors d’un sommet extraordinaire virtuel tenu le 7 novembre.
Le président sud-africain Cyril Ramaphosa dirigera désormais les travaux de la SADC, conformément aux articles 9A(2)(b) et 10(4) du Traité régional, qui prévoient qu’en cas d’empêchement du président en exercice, le vice-président assume l’intérim.
Le sommet a pris acte de la décision de la République de Madagascar « d’abandonner son rôle de président de la SADC, à la suite des développements politiques récents ayant affecté sa capacité à s’acquitter des responsabilités de cette fonction », indique le communiqué final publié à Prétoria.
Une transition politique inédite à Antananarivo
Madagascar avait pris la présidence tournante de la SADC le 17 août dernier, au terme du 45ᵉ Sommet des Chefs d’État et de Gouvernement, sous l’administration du président Andry Rajoelina. Mais quelques jours plus tard, un soulèvement populaire conduit par la jeunesse malgache a provoqué la chute du régime et ouvert la voie à une transition politique sans précédent.
Le 1ᵉʳ novembre, les autorités malgaches ont officiellement annoncé leur retrait de la présidence de la SADC, évoquant « l’évolution du contexte politique national » et la nécessité de concentrer les efforts sur le redressement institutionnel et socio-économique. Cette décision se fonde sur l’arrêt de la Haute Cour constitutionnelle du 14 octobre 2025 constatant la vacance du pouvoir.
Le colonel Michaël Randrianirina, investi président de la Refondation de la République de Madagascar le 17 octobre, a réaffirmé la légitimité du processus de transition. Il a nommé un Premier ministre civil et formé un gouvernement de 29 ministres, plaçant la réforme des institutions, la cohésion nationale et la stabilité durable au cœur de son mandat.
« Aucune violence n’a été commise, aucun palais attaqué », a-t-il assuré, rejetant toute accusation de coup d’État.
Condoléances et continuité institutionnelle
Le sommet extraordinaire a présenté ses « sincères condoléances aux familles ayant perdu des proches » lors des manifestations survenues à Madagascar en septembre et en Tanzanie plus récemment, tout en déplorant « la destruction de biens publics et d’infrastructures critiques ».
Antananarivo a, de son côté, réaffirmé son attachement à l’organisation régionale. « Ce choix ne remet nullement en cause l’engagement de Madagascar envers la SADC et ses valeurs fondatrices », a déclaré la présidence de la Refondation, assurant que le pays « continuera à œuvrer pour une Afrique australe intégrée et prospère ».
Nouveau leadership et continuité des priorités
Le Secrétariat de la SADC a reçu mandat pour identifier, d’ici au 30 novembre 2025, un nouveau président entrant, selon le principe de rotation.
Le Zimbabwe, par la voix de son président Emmerson Mnangagwa, s’est proposé pour accueillir certaines réunions de la SADC durant la période intérimaire.
Le sommet a salué Cyril Ramaphosa pour avoir convoqué la réunion extraordinaire et accepté de présider l’organisation, tout en maintenant le thème adopté à Antananarivo : « Promouvoir l’industrialisation, la transformation agricole et la transition énergétique pour une SADC résiliente » jusqu’en août 2026.
AC/Sf/APA






