L’architecture bioclimatique s’impose, aujourd’hui, comme une solution pour réduire l’empreinte carbone, tout en créant des bâtiments durables, économes en énergie et respectueux de l’environnement, selon l’expert Moncef Chaara.
A la suite d’une étude sur le thème : « Abidjan, ville durable : quelle solution ? », Moncef Chaara, directeur et fondateur de l’Ecole supérieure d’architecture d’Abidjan (ESAA), a soutenu que l’architecture bioclimatique est une approche durable pour un avenir meilleur.
Devant des étudiants et des acteurs du secteur, Moncef Chaara a expliqué lors d’une conférence publique, ce mercredi 5 novembre 2025, au nouveau siège de l’établissement à Bonoumin, un quartier dans l’Est d’Abidjan, les enjeux de la ville durable.
L’architecture bioclimatique et durable, « c’est l’utilisation des matériaux locaux (terre, bois, bambou) et des techniques ancestrales, tout en intégrant l’efficacité énergétique moderne », a-t-il dit, relevant que cela requiert toutefois le changement du mode de vie.
Au Plateau, le centre des affaires d’Abidjan, où l’on trouve des bâtisses coloniales, il a fait observer que des maisons sont construites avec deux parois, une parois interne et une autre externe, ce qui réduit l’effet des intempéries sur le bâtiment.
« La paroi externe va stopper l’eau de pluie et les rayons solaires qui vont chauffer le mur extérieur, vont après chauffer l’air qu’il y a entre les deux murs ; et ils n’arriveront jamais à chauffer le mur intérieur parce qu’il va faire nuit, et le lendemain le cycle reprend », a-t-il indiqué.
« Forcément, ces maisons vont être plus fraîches », a ajouté ce formateur en architecture. Ensuite, il évoquera l’eau de pluie qui peut être « récupérée (à travers un système) pour faire des tâches ménagères » ou pour d’autres besoins de la maison.
Moncef Chaara a, par ailleurs, mentionné la couverture de l’habitation. Il a souligné qu’avec un faux plafond, on peut garder la fraîcheur de l’habitat et stopper la chaleur provenant de la toiture. Toutes choses qui permettent d’éviter l’utilisation du split qui accroît la consommation d’électricité.
Pour lui, une ville durable devrait avoir des espaces verts, des arbres tout le long des rues, avoir des systèmes de tri des déchets et de recyclage, avoir une circulation fluidifiée avec moins de rejet de CO2 dans l’air, et un assainissement permettant de traiter les eaux usées.
Cette école d’architecture se veut un laboratoire d’idées pour l’architecture de demain en Afrique. Il a fait savoir que son implantation en Côte d’Ivoire est un choix stratégique parce que le pays est l’épicentre de la dynamique régionale.
La filière architecture est axée sur le design, la théorie et la gestion de projets architecturaux. Avec environ 200 architectes, la Côte d’Ivoire enregistre un déficit professionnel alarmant dans le secteur, où il est souvent requis un architecte pour 500 à 10 000 habitants.
Sachant qu’un architecte en libéral ne peut raisonnablement mener à bien qu’une dizaine de projets majeurs par an, ce nombre limite la capacité du pays à subvenir à ses besoins en projets de construction. En matière de logement, la Côte d’Ivoire enregistre un déficit de 80 000 unités par an.
Face à la difficulté d’accéder à un architecte, une grande partie de la population se tourne vers des maîtres d’œuvre non qualifiés, menant à une construction informelle et non sécurisée, ce qui augmente les risques de dégradation du cadre urbain et d’effondrement d’immeubles.
La rareté des professionnels qualifiés conduit à une augmentation des honoraires pour les projets complexes, rendant l’architecture de qualité moins accessible. Cette école d’architecture, créée en 2014 et ouverte en septembre 2015, a formé à ce jour plus d’une centaine d’architectes.
AP/Sf/APA







