Le ministre égyptien des Affaires étrangères, Badr Abdelatty, a appelé à une réforme en profondeur des institutions internationales, qu’il juge incapables de répondre efficacement aux crises mondiales, lors du Forum stratégique de Bled en Slovénie.
En déplacement à Bled, en Slovénie, pour la 22ᵉ édition du forum stratégique, le chef de la diplomatie égyptienne, Badr Abdelatty a mis en garde contre une crise de confiance « sans précédent » dans le système multilatéral. À ses yeux, la multiplication des conflits et le recours croissant à la force militaire traduisent l’affaiblissement du dialogue et du droit international.
« L’absence de diplomatie et de dialogue, conjuguée au mépris du droit international par certains États, a fragilisé les mécanismes multilatéraux », a-t-il déclaré, regrettant le sentiment d’impuissance des organisations internationales et leur incapacité à éviter le recours à des politiques de « deux poids, deux mesures ».
Dans ce contexte, Abdelatty a plaidé pour une refonte du système international afin de le rendre « plus représentatif et démocratique », notamment à l’égard du monde arabe et du continent africain. Il a rappelé le soutien constant du Caire à la réforme des Nations unies et des institutions financières de Bretton Woods, en insistant sur le principe d’« appropriation conjointe » des décisions mondiales.
Le ministre a également réaffirmé l’adhésion de l’Égypte au Consensus d’Ezulwini, qui réclame un élargissement du Conseil de sécurité et une représentation africaine permanente pour corriger « l’injustice historique subie par le continent ». Sur le plan économique, il a appelé à une réforme de l’architecture financière mondiale, afin d’accroître les capacités de financement pour les pays en développement et de leur donner un rôle accru dans la gouvernance internationale.
Enfin, Abdelatty a mis en avant la vision égyptienne du groupe des BRICS, dont son pays est membre depuis janvier 2024. Selon lui, ce forum constitue une plateforme alternative pour promouvoir la coopération Sud-Sud, l’intégration économique, le développement durable et l’accroissement des flux commerciaux et d’investissement.
En intervenant à Bled sur le thème « Relancer le leadership et le pluralisme en période de division et de conflit », le ministre égyptien a ainsi cherché à positionner son pays comme une voix porteuse des revendications africaines et arabes dans un système international en pleine mutation.
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