L’assassinat de Wilondja Mazambi Fiston à Bukavu en RDC survient deux semaines après la signature d’une déclaration de cessez-le-feu avec le M23, relançant les interrogations sur l’application des accords de paix dans l’est congolais.
Deux semaines après la signature d’une déclaration de cessez-le-feu avec le M23 à Doha, le gouvernement congolais fait face à un nouvel acte de violence contre les médias avec l’assassinat du journaliste Wilondja Mazambi Fiston, tué dans des « conditions effroyables » à Bukavu.
Le gouvernement a condamné lundi « avec la plus grande fermeté » cet acte criminel qui intervient dans un contexte paradoxal, alors que Kinshasa venait de parapher le 19 juillet à Doha une déclaration de principes avec le mouvement M23 pour un « cessez-le-feu permanent et un règlement global du conflit dans l’est de la RDC ».
La victime, journaliste au service de la Centrale de Monitoring des Médias de l’Union nationale de la presse du Congo (UNPC), a été tuée à Bukavu, que les autorités décrivent comme une « partie du territoire national sous occupation ».
Des accords de paix mis à l’épreuve
Cet assassinat survient à un moment critique pour la stabilisation de l’est congolais. Le document signé à Doha, conclu après trois mois de discussions directes facilitées par le Qatar entre Kinshasa et le M23, prévoyait pourtant « un cessez-le-feu permanent, la libération des prisonniers, le retour des réfugiés et la restauration de l’autorité de l’État dans les zones concernées ».
La mise en œuvre de cet accord était attendue avant le 29 juillet, et un accord final devrait être signé d’ici le 18 août 2025, selon la feuille de route établie. La RDC était représentée à Doha par Sumbu Sita Mambu et le M23 par Benjamin Mbonimpa.
Cette déclaration de Doha fait suite à un précédent accord de paix entre la RDC et le Rwanda, signé le 27 juin à Washington sous médiation américaine, qui prévoyait « la cessation des hostilités, le retrait progressif des troupes rwandaises, le désarmement des groupes armés et le retour des déplacés ».
L’exécutif congolais dénonce un « contexte marqué par la violation continue des droits fondamentaux dans les territoires occupés » où « la liberté de la presse est gravement compromise par les menaces, les enlèvements, les assassinats visant notamment les journalistes ».
Le gouvernement pointe également « l’empêchement systématique des structures professionnelles à exercer librement » dans ces zones.
Kinshasa assure que « tous les actes criminels commis sur le territoire national, y compris dans les zones sous occupation, sont systématiquement documentés » et que « leurs auteurs, co-auteurs et complices auront à répondre de leurs actes devant la justice ».
Il réaffirme par ailleurs « sa détermination à restaurer l’autorité de l’État sur l’ensemble du territoire national et à garantir, partout, la sécurité des journalistes et le plein exercice de la liberté de la presse ».
L’est de la RDC est en proie depuis des décennies à l’insécurité causée par la présence de dizaines de groupes armés, dont le M23 soutenu par le Rwanda selon Kinshasa et plusieurs rapports d’experts de l’ONU.
AC/Sf/APA






