Du référendum constitutionnel en Guinée à la reprise industrielle au Nigéria, en passant par les inondations à Touba et les tensions syndicales au Togo, la revue de presse de ce mardi 5 août 2025 met en lumière les dynamiques contrastées à l’œuvre en Afrique de l’Ouest.
En Guinée, le président de la transition, le général Mamadi Doumbouya, a franchi une nouvelle étape vers l’instauration d’un ordre constitutionnel. Dans un décret lu le lundi 4 août à la télévision nationale (RTG), il a convoqué le corps électoral pour un référendum sur le projet de nouvelle Constitution, prévu pour le dimanche 21 septembre 2025. Selon Africaguinee.com, les bureaux de vote seront ouverts de 7h à 18h, et le scrutin se déroulera à bulletin secret, conformément à la loi L 2025-012-CNT du 25 avril 2025, qui en précise les modalités. Ce référendum marque une phase décisive du processus de transition engagé à Conakry depuis 2021.
Plus au nord et à l’est, au Mali, le secteur minier poursuit sa restructuration dans le cadre du nouveau code minier. Le journal L’Aube, cité par Maliactu.net, rapporte que le groupe canadien B2Gold prévoit de lancer l’exploitation du gisement satellite Fekola Regional, situé près de sa mine principale de Kéniéba, dans l’ouest du pays. Le projet, qui prévoit un partage de revenus à hauteur de 65 % pour l’entreprise et 35 % pour l’État malien, attend encore le permis d’exploitation, prévu d’ici la fin de l’année. Cette initiative illustre la volonté des autorités de renforcer la souveraineté nationale sur les ressources extractives, dans un contexte de réformes réglementaires en cours à Bamako.
Pendant ce temps, au Sénégal, la ville sainte de Touba (centre), subit de fortes inondations à quelques jours du Grand Magal. D’après Dakaractu.com, 143 mm de pluie sont tombés en peu de temps, provoquant d’importants dégâts matériels et contraignant plusieurs familles à quitter leurs habitations. Si certaines zones stratégiques comme la résidence Khadim Rassoul ou la mairie ont pu être dégagées grâce à un système de drainage efficace, d’autres quartiers restent isolés malgré les interventions des secours et la mobilisation de pompes, camions de vidange et équipes spécialisées.
Sur le front commercial ouest-africain, une note plus contrastée émane de la Gambie. The Fatu Network révèle que le pays a été exempté d’une série de sanctions douanières décidées par l’administration américaine de Donald Trump. Ces sanctions, qui concernent 22 pays africains, imposent des droits de douane compris entre 15 % et 30 % sur des produits clés tels que les textiles, les denrées agricoles et les minéraux. Alors que des nations comme le Nigéria, l’Afrique du Sud, la Côte d’Ivoire ou encore l’Algérie sont durement touchées, la Gambie conserve un tarif réciproque modéré de 10 %, ce qui lui épargne les répercussions négatives observées ailleurs, notamment au Lesotho, où le secteur textile enregistre déjà des pertes.
Au Togo, c’est le secteur de la santé qui est au centre de l’attention. Le site IciLome.com annonce que deux grandes réunions syndicales sont prévues ce mardi 5 août à la Maison de la santé, sous l’égide du collectif des syndicats de la santé. Ces rencontres visent à relancer les réformes de la fonction publique hospitalière, à améliorer les conditions de travail et à harmoniser les statuts des agents contractuels. Certaines avancées sont néanmoins signalées : plus de 6 000 agents recrutés en cinq ans, revalorisation des primes de garde, et immatriculation systématique à la CNSS. Le Dr Gilbert Tsolenyanu, secrétaire général du Syndicat des praticiens hospitaliers, a qualifié cette mobilisation de « tournant historique » pour le système sanitaire togolais.
En Côte d’Ivoire, l’accent était mis sur l’excellence et le mérite. À l’occasion de la 12ᵉ édition de la Journée nationale de l’excellence, Abidjan.net rapporte que le président Alassane Ouattara a récompensé 74 lauréats – individus ou structures – pour leur contribution au développement du pays. Chaque récipiendaire a reçu un trophée, un diplôme et un chèque de 10 millions de FCFA. Le président a salué des « qualités exceptionnelles qui font de vous de véritables modèles pour notre pays ». Le Premier ministre Robert Beugré Mambé a pour sa part insisté sur la rigueur du processus de sélection, en précisant que 13 prix ont été laissés vacants faute de consensus parmi les jurés.
Enfin, au Nigéria, Punch Nigeria annonce que la Banque africaine d’import-export (Afreximbank) a accordé un financement de 1,35 milliard de dollars à Dangote Industries Limited, dans le cadre d’un prêt syndiqué de 4 milliards US$. Ces fonds serviront à refinancer les investissements dans le complexe pétrochimique de Dangote, considéré comme la plus grande raffinerie mono-train au monde, avec une capacité de 650 000 barils par jour. Afreximbank, qui a agi comme arrangeur principal, affirme soutenir la sécurité énergétique du continent et l’industrialisation africaine à travers cette opération. Elle consolide aussi le poids stratégique du Nigéria dans le secteur énergétique régional.
Sf/APA







