Le roi Mohammed VI a procédé au sacrifice de deux béliers, dont un pour la communauté musulmane au sens large, après avoir pris la décision d’annuler le sacrifice animal cette année pour alléger la pression financière sur les ménages dans un contexte de forte baisse du bétail.
La cérémonie marquant l’une des traditions les plus sacrées du calendrier islamique s’est déroulée en présence de plusieurs membres de la famille royale, de hauts responsables du gouvernement et de dignitaires religieux.
Le roi a personnellement procédé au sacrifice rituel de deux béliers peu après la prière de l’Aïd , conformément à la tradition du prophète Mahomet, qui avait l’habitude d’offrir deux animaux sacrificiels pendant l’Aïd Al Adha, un pour lui-même et sa famille, et un pour la communauté musulmane au sens large.
Le moment du sacrifice a été retransmis en direct à la télévision nationale, montrant le monarque en tenue traditionnelle marocaine alors qu’il accomplissait le rite conformément à la tradition islamique.
Alors que les familles de tout le pays célèbrent l’Aïd el-Adha sans l’abattage traditionnel du bétail, cet acte revêt cette année une portée symbolique accrue. Le roi Mohammed VI a accompli ce sacrifice au nom de tous les Marocains.
Plus tôt cette année, le roi a évoqué la sécheresse persistante et la nécessité de remédier aux contraintes financières des ménages marocains lorsqu’il a annoncé sa décision d’annuler le sacrifice animal de l’Aïd al-Adha.
Le Maroc connaît sa septième année consécutive de sécheresse, entraînant une baisse significative du nombre de têtes de bétail.
Les chiffres officiels indiquent une réduction de 38 % des troupeaux de bovins et de moutons depuis 2016. Les précipitations ont été inférieures de 53 % à la moyenne des 30 dernières années, ce qui a entraîné une pénurie de pâturages et une dépendance accrue à l’égard des aliments importés coûteux.
La rareté du bétail a fait grimper les prix, rendant difficile pour de nombreuses familles d’acheter des animaux sacrificiels. Le coût d’un seul mouton dépasse le salaire minimum mensuel d’environ 3 000 dirhams (290 €), ce qui représente une charge importante pour les ménages.
Conscient de ces défis, le roi Mohammed VI a appelé les citoyens à s’abstenir d’effectuer le sacrifice de l’Aïd Al Adha cette année et a déclaré qu’il effectuerait le sacrifice au nom de tous les Marocains pour maintenir l’essence spirituelle de la tradition.
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