L’actualité ouest-africaine est marquée par plusieurs bouleversements ce mercredi, allant de la radiation controversée de Tidjane Thiam en Côte d’Ivoire à l’éveil tardif mais déterminé des partis politiques maliens, en passant par les tensions budgétaires au Libéria et les secousses politico-financières au Sénégal.
En Côte d’Ivoire, l’opposant Tidjane Thiam, ancien dirigeant de Credit Suisse et candidat désigné du PDCI-RDA, a été radié des listes électorales. Une décision perçue comme un véritable séisme politique dans un pays à l’histoire électorale agitée. Le Monde Afrique y voit un « coup de tonnerre », soulignant que Thiam était considéré comme le principal adversaire du président Alassane Ouattara, qui, à 83 ans, pourrait briguer un quatrième mandat en octobre 2025.
Sur Abidjan.net, Tidjane Thiam dénonce une exclusion « injuste, injustifiée et incompréhensible », accusant le pouvoir en place d’avoir utilisé un habillage judiciaire pour éliminer son rival politique. La Commission électorale indépendante (CEI), par la voix de son porte-parole Émile Ébrotié, tente néanmoins de rassurer sur la transparence du processus électoral.
Des journaux sénégalais, comme Sud Quotidien, soulignent les répercussions de cette radiation après que Thiam a renoncé à sa nationalité française. Le journal évoque « une frontière ténue entre l’Ivoirité et l’Apatridie ». De son côté, L’AS alerte sur les risques d’instabilité, évoquant un président « qui joue avec les allumettes », en référence à la crise post-électorale de 2010.
Dans un contexte économique tendu, Le Monde Afrique s’inquiète du retrait de l’USAID, l’agence américaine d’aide au développement, du Libéria. Ce désengagement place le pays « au bord du gouffre », alors que cette aide constituait une part essentielle du budget national. Les autorités libériennes sont désormais en quête urgente de nouveaux bailleurs.
Au Mali, les partis politiques font leur retour sur le devant de la scène après une période d’apathie. Le Nouveau Réveil critique l’émergence d’« une nouvelle oligarchie sans état d’âme », dénonçant la trahison des promesses faites lors de l’instauration du multipartisme en 1991. Pour sa part, L’Alternance observe un réveil collectif des partis, qui mettent de côté leurs divisions pour faire front contre un projet de dissolution jugé anticonstitutionnel. Une union sacrée inédite, visant à défendre leur propre survie politique et, plus largement, les fondements démocratiques du pays. Le journal s’interroge : « Jusqu’où iront-ils dans leur combat pour la République ? »
Au Sénégal, Jeune Afrique évoque une hypothèse choc : « et si Bassirou Diomaye Faye refusait de payer les dettes du pays ? », dans le sillage de l’audit en cours des finances publiques. Une stratégie jugée « à haut risque » par le magazine.
En parallèle, L’Observateur révèle que l’Assemblée nationale s’apprête à examiner les dossiers de mise en accusation de deux anciens ministres, Mansour Faye et Moustapha Diop, pour détournement présumé de fonds publics. Le président de l’Assemblée, El Malick Ndiaye, a convoqué une réunion du bureau ce mercredi pour enclencher la procédure officielle.
ODL/ac/Sf/APA







