Réunis à Ouagadougou, les ministres de l’Industrie et du Commerce du Mali, du Burkina Faso et du Niger ont validé un chronogramme pour accélérer l’intégration économique de la Confédération des États du Sahel (AES), incluant une centrale électrique confédérale, un chemin de fer intercapitales et un financement autonome.
Le Conseil des ministres du Mali, réuni en session ordinaire mercredi 16 avril 2025, a pris acte des conclusions de la deuxième réunion des ministres de l’Industrie et du Commerce de la Confédération des États du Sahel (AES), tenue le 10 avril à Ouagadougou sous la présidence du Premier ministre burkinabè.
Selon le communiqué publié à l’issue de la session, les trois pays membres – le Mali, le Burkina Faso et le Niger – ont adopté un chronogramme opérationnel pour mettre en œuvre les recommandations issues de leur première réunion à Bamako en octobre 2024.
Parmi les mesures phares figure l’harmonisation des procédures douanières liées aux importations, exportations et au transit des engins à deux roues, qui représentent plus de 70 % des moyens de transport en zones rurales. Cette initiative vise à fluidifier les échanges et réduire les coûts logistiques internes.
Les ministres ont également validé deux projets structurants : la création d’une centrale électrique confédérale pour renforcer l’indépendance énergétique de l’AES, et la construction d’un chemin de fer intercapitales devant relier Bamako, Niamey et Ouagadougou, avec des extensions possibles vers Abidjan et Cotonou. Ces infrastructures ambitionnent de désenclaver les économies sahéliennes, lourdement dépendantes des ports ouest-africains.
Pour soutenir cette dynamique d’intégration, un prélèvement confédéral de 0,5 % sur les importations extra-régionales est entré en vigueur depuis le 1er avril. Ce mécanisme remplace le prélèvement communautaire de la Cédéao et devrait rapporter plus de 100 milliards de francs CFA par an, selon les projections des trois États.
Par ailleurs, l’AES a officiellement lancé la Banque confédérale d’investissement et de développement (BCID), dotée d’un capital initial de 500 milliards de francs CFA. Cette institution aura pour mandat de financer des projets prioritaires dans l’énergie, les transports, l’agro-industrie et les télécommunications, avec un objectif affiché de souveraineté économique et financière.
Créée en 2023, la Confédération des États du Sahel poursuit la consolidation de ses institutions dans un contexte sécuritaire fragile et une recomposition des partenariats traditionnels. En misant sur l’intégration économique et des ressources propres, le bloc sahélien entend bâtir une architecture autonome et résiliente.
MD/ac/Sf/APA







