Les autorités tunisiennes intensifient les efforts pour ramener les jeunes vers le service militaire obligatoire, longtemps contourné, dans une démarche qui associe renforcement des effectifs, modernisation de l’armée et durcissement des mesures contre les réfractaires.
Une cinquantaine de jeunes hommes se sont présentés, lundi 19 octobre, devant le centre de mobilisation militaire de Sousse, dans l’est de la Tunisie, pour répondre à leur appel sous les drapeaux. Le service national, d’une durée théorique de douze mois et obligatoire depuis 1975 pour les Tunisiens concernés, reste largement délaissé depuis la révolution de 2011.
Bien que la dernière session de recrutement ait pris fin le 2 octobre, les centres de mobilisation continuent d’accueillir des candidats. Cette affluence serait notamment liée à la perspective de sanctions contre les jeunes qui se soustraient à leurs obligations militaires, alors que les autorités cherchent à améliorer l’application de la législation en vigueur.
Longtemps tolérée, l’évasion du service militaire a contribué à réduire la participation effective des jeunes appelés. Les pratiques coercitives autrefois utilisées pour imposer la conscription ont progressivement disparu, laissant s’installer un décalage entre le caractère obligatoire du dispositif et son application sur le terrain.
Cette reprise en main intervient dans un contexte de volonté de renforcer les capacités de l’armée tunisienne. Malgré une image relativement favorable auprès de la population, l’institution militaire doit composer avec les contraintes liées au recrutement, au renouvellement de ses effectifs et à l’évolution des besoins sécuritaires du pays.
Les autorités cherchent ainsi à réaffirmer la portée du service national, tout en inscrivant cette démarche dans un mouvement plus large de modernisation de l’appareil militaire. Le recours accru aux sanctions pourrait toutefois se heurter aux réticences d’une jeunesse confrontée à des difficultés économiques et à des perspectives professionnelles incertaines.
Le défi pour la Tunisie consiste désormais à transformer cette mobilisation en participation durable, sans faire reposer l’essentiel du recrutement sur la contrainte. L’efficacité de cette politique dépendra autant de l’application des obligations légales que de la capacité des autorités à rendre le service national plus attractif et à mieux l’adapter aux attentes des jeunes.
MK/AK/Sf/APA





