Plusieurs milliers de personnes ont manifesté ce samedi 17 octobre à Tunis contre la dégradation du pouvoir d’achat et le recul des libertés publiques, dans l’une des plus importantes mobilisations contre le président Kaïs Saïed depuis 2021.
Au moins 3.000 personnes, selon une estimation, ont défilé dans le centre de Tunis à l’appel de plusieurs organisations syndicales, professionnelles et politiques, pour dénoncer la cherté de la vie et réclamer le respect des libertés fondamentales. Certains décomptes évoquent près de 6.000 manifestants. Le rassemblement, organisé sous surveillance policière, a notamment réuni des syndicalistes, des représentants de la société civile, des opposants et des proches de détenus politiques.
Les manifestants ont dénoncé la concentration des pouvoirs entre les mains du président Kaïs Saïed, qui avait suspendu le Parlement et engagé une rupture institutionnelle le 25 juillet 2021. Des slogans réclamant le départ du chef de l’État et la fin du régime ont retenti dans les rues de la capitale. Les protestataires ont également exigé la libération des prisonniers politiques et la garantie des droits démocratiques.
La mobilisation traduit aussi un mécontentement social alimenté par la hausse des prix, les difficultés économiques et la dégradation des conditions de vie. Les pénuries d’eau potable, les coupures d’électricité durant l’été et les tensions liées à la pollution industrielle à Gabès figurent parmi les préoccupations exprimées. Les difficultés persistantes à répondre aux attentes économiques et sociales nourrissent les critiques contre la gestion du pays.
Depuis le tournant politique de 2021, les opposants et plusieurs organisations de la société civile dénoncent une restriction progressive de l’espace politique, des pressions sur les voix critiques et des atteintes aux libertés publiques. Le rassemblement du 17 octobre, par son ampleur et la diversité des organisations mobilisées, témoigne de la persistance de cette contestation, malgré un environnement politique marqué par la surveillance et les restrictions.
La manifestation place ainsi le pouvoir tunisien face à une double contestation, politique et sociale. Les revendications portent autant sur les conditions matérielles d’existence que sur le fonctionnement des institutions et les garanties démocratiques. L’ampleur de la mobilisation souligne les difficultés du régime à contenir le mécontentement dans un contexte de crise économique et de tensions persistantes autour des libertés.
MK/AK/APA





