La Tunisie occupe le 125ᵉ rang sur 145 économies dans l’édition 2026 du Global Gender Gap Report, avec un score global de 65%, selon les données communiquées par l’Institut arabe des chefs d’entreprises (IACE).
Le Forum économique mondial (WEF) a publié le 16 septembre la vingtième édition de son rapport annuel sur les écarts entre les femmes et les hommes. L’étude couvre 145 économies et s’appuie également sur un échantillon longitudinal de 97 économies suivies depuis 2006. Selon le rapport, la parité mondiale a progressé de 5,2% depuis le lancement de l’indice, mais aucune économie n’a encore atteint une parité complète.
À l’échelle mondiale, les écarts ne se résorbent pas au même rythme selon les domaines. Les projections du WEF estiment qu’au rythme actuel, environ 120 années seraient nécessaires pour parvenir à une parité globale. Les écarts apparaissent moins importants dans l’éducation et la santé, pour lesquelles la parité complète pourrait être atteinte en huit ans. La participation économique et l’émancipation politique demeurent en revanche les dimensions les plus éloignées de la parité, avec des horizons respectifs de 129 et 194 ans.
Pour la Tunisie, l’enquête a été réalisée par l’IACE, partenaire officiel du WEF. Le pays affiche des niveaux de parité élevés dans l’éducation, avec un score de 97,4%, et dans la santé, à 96,2%. La situation est sensiblement différente dans les deux autres dimensions de l’indice : la participation économique atteint 51,9%, tandis que l’émancipation politique ne s’établit qu’à 14%. La Tunisie se classe ainsi dans le dernier quintile du classement mondial.
L’évolution sur vingt ans illustre également le caractère relatif du classement. Le score tunisien est passé de 62,9% en 2006 à 65% en 2026, soit une progression de 2,1 points. Dans le même temps, le pays est passé du 90ᵉ au 125ᵉ rang mondial.
Ce recul de 35 places ne signifie pas une dégradation équivalente de la situation mesurée, le classement dépendant également de la progression enregistrée par les autres économies. Le meilleur score tunisien sur la période remonte à 2024, à 66,8%, lorsque le pays occupait le 115ᵉ rang.
Par groupe de revenus, la Tunisie se situe au 29ᵉ rang parmi les économies à revenu faible ou intermédiaire et au troisième rang dans la région Moyen-Orient et Afrique du Nord. Les données mettent ainsi en évidence un écart entre les acquis enregistrés dans la constitution du capital humain et leur traduction dans la participation économique et politique. Pour la Tunisie, les principaux écarts mesurés par l’indice se concentrent désormais sur l’accès effectif aux opportunités économiques et aux espaces de décision.
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