Le président algérien Abdelmadjid Tebboune a présidé jeudi une réunion du Haut conseil de sécurité, officiellement consacrée au bilan sécuritaire de 2025 et aux perspectives de 2026, dans un contexte marqué par des tensions aux frontières et une situation intérieure sous contrôle étroit.
Le président de la République, Abdelmadjid Tebboune, a réuni jeudi 8 janvier à Alger le Haut conseil de sécurité (HCS), selon un communiqué laconique de la Présidence. Cette instance stratégique, rarement détaillée dans ses travaux, a examiné trois dossiers présentés comme prioritaires : la défense nationale, la situation sécuritaire aux frontières avec les pays voisins et l’état général de la sécurité intérieure. Aucune indication précise n’a toutefois été fournie sur les conclusions ou décisions issues de cette réunion.
Selon la Présidence, les discussions ont porté sur le « bilan de l’année 2025 et les perspectives pour 2026 », une formulation rituelle qui masque mal l’opacité entourant les orientations réelles du pouvoir en matière sécuritaire. Dans un environnement régional instable — du Sahel à la Libye — Alger continue d’ériger la menace extérieure en axe central de son discours, tout en évitant d’aborder publiquement les facteurs internes de tension politique et sociale.
La réunion s’est tenue en présence des principaux piliers du système sécuritaire et exécutif, notamment le général d’armée Saïd Chanegriha, chef d’état-major de l’Armée nationale populaire et ministre délégué auprès du ministre de la Défense nationale. Étaient également présents le Premier ministre Sifi Ghrieb, le ministre des Affaires étrangères Ahmed Attaf, ainsi que plusieurs ministres régaliens et les responsables des services de sécurité intérieure et extérieure.
Cette composition souligne la prééminence persistante de l’appareil sécuritaire dans la gouvernance algérienne.
Sur le plan régional, la focalisation sur les frontières intervient alors que l’Algérie entretient des relations tendues ou gelées avec plusieurs voisins, en particulier le Maroc et le Mali. Officiellement, Alger met en avant la lutte contre le terrorisme et les trafics transfrontaliers, mais ces enjeux sécuritaires servent aussi à légitimer une posture de vigilance permanente et une militarisation accrue du discours politique.
À l’intérieur du pays, la référence à la « situation sécuritaire générale » intervient dans un climat de contrôle renforcé de l’espace public, marqué par des restrictions persistantes sur les libertés d’expression et d’association.
L’absence de toute mention de réformes politiques ou d’apaisement social dans le communiqué présidentiel renforce l’impression d’une approche strictement sécuritaire, privilégiant la stabilité par le verrouillage plutôt que par l’ouverture.
En l’état, cette réunion du Haut conseil de sécurité apparaît davantage comme un exercice de communication institutionnelle que comme le signal d’un infléchissement stratégique, confirmant la centralité de l’appareil sécuritaire dans la gestion des défis algériens à l’aube de 2026.
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