L’Assemblée générale de la Plateforme d’échange et de coordination sur la gestion des frontières (Pecogef) s’est ouverte ce mardi 7 avril 2026 à Abidjan. Durant quatre jours, experts et décideurs planchent sur une nouvelle architecture régionale visant à transformer les frontières en véritables leviers de développement et de sécurité.
Passer de la simple surveillance à une gestion intégrée et concertée. C’est tout l’enjeu de la réunion de la Pecogef qui se tient actuellement dans la capitale économique ivoirienne. S’inscrivant dans la suite des engagements de Cotonou d’août 2025, cette rencontre marque un tournant décisif pour l’harmonisation des politiques frontalières en Afrique de l’Ouest.
Présidant la cérémonie d’ouverture, le ministre délégué en charge de l’Intégration africaine, Dosso Adama, a d’emblée planté le décor. Pour lui, la Pecogef ne doit plus être perçue comme un simple outil technique, mais comme un « instrument stratégique » capable de répondre aux défis complexes de la sous-région.
« Il faut penser les frontières non comme des lignes de séparation, mais comme de véritables espaces d’intégration et de développement partagé », a plaidé le ministre. Il a notamment cité l’exemple de la Côte d’Ivoire qui, le 5 juin dernier, a adopté une Politique nationale de gestion intégrée des frontières, véritable « boussole » assortie d’un plan quinquennal ambitieux.
Selon Adama Dosso, l’intégration régionale ne se décrète pas uniquement pas le haut, « elle se construit également par le bas à travers la coopération entre collectivités territoriales, les interactions entre communautés frontalières et la coordination opérationnelle des services techniques ».
Le nouveau président élu de la plateforme, Francis Langumba, a quant à lui décliné sa feuille de route : consolider l’institution. L’objectif est de valider les nouveaux textes de gouvernance et d’adopter une stratégie régionale de mobilisation des ressources.
« Il s’agit de donner un positionnement plus stratégique et attrayant à la Pecogef pour en faire une force de proposition au service de la paix et de la sécurité », a-t-il affirmé, appelant les participants à un dialogue pragmatique.
Le secrétaire exécutif de la Pecogef, Diakilidia Konaté, a détaillé les chantiers prioritaires qui seront débattus jusqu’au 10 avril. Parmi eux, le lancement d’un vaste programme de formation pour les acteurs de terrain.
Diakilidia Konaté a, à l’ouverture de ces assises, évoqué la création d’un centre stratégique d’intelligence, l’adoption du programme triennal de l’organisation et le choix du pays qui abritera le siège permanent de l’institution.
« Nous ne validons pas seulement des textes, nous posons les fondements d’une architecture régionale », a martelé M. Konaté, avant de conclure sur une note forte : « Investir aux frontières, ce n’est pas investir en périphérie, c’est investir au cœur même de la stabilité de nos États. »
Alors que les travaux se poursuivent, l’Afrique de l’Ouest semble bien décidée à faire de ses zones transfrontalières le moteur d’une région interconnectée et plus résiliente face aux menaces contemporaines.
AP/APA





