La Banque centrale marocaine maintient son taux directeur à 2,25% et anticipe une nette accélération de la croissance en 2026, dans un contexte international marqué par de fortes incertitudes.
Bank Al-Maghrib (BAM) a décidé de maintenir son taux directeur inchangé à 2,25% à l’issue de la réunion de son Conseil, selon un communiqué officiel. Cette décision intervient dans un environnement international jugé incertain, marqué notamment par les tensions géopolitiques au Moyen-Orient, la guerre en Ukraine et les orientations de la politique commerciale américaine. L’institution souligne que ces facteurs exercent une pression accrue sur la résilience de l’économie mondiale, avec des répercussions déjà visibles sur les marchés financiers et les prix des matières premières, en particulier énergétiques.
Selon BAM, l’impact de ces tensions sur l’économie nationale devrait rester contenu dans l’hypothèse d’un conflit de courte durée, mais pourrait s’intensifier en cas de prolongation. Le principal canal de transmission identifié concerne les comptes extérieurs, notamment à travers la volatilité des prix de l’énergie. Dans ce contexte, la Banque centrale indique qu’elle continuera de suivre de près l’évolution de la conjoncture internationale et ses implications sur l’économie marocaine.
Sur le plan intérieur, les perspectives apparaissent globalement favorables. BAM met en avant la robustesse des activités non agricoles, soutenues par la dynamique de l’investissement dans les infrastructures économiques et sociales. Parallèlement, le secteur agricole devrait connaître un rebond significatif, porté par des conditions climatiques particulièrement favorables. La récolte des principales céréales est ainsi estimée à 82 millions de quintaux pour la campagne en cours, sur la base d’une superficie emblavée de 3,9 millions d’hectares.
Dans ce contexte, la croissance économique nationale, estimée à 4,8% en 2025, devrait atteindre 5,6% en 2026, avant de ralentir à 3,5% en 2027. La valeur ajoutée agricole progresserait de 14,4% en 2026, après plusieurs années affectées par la sécheresse, avant de reculer de 5,3% l’année suivante sous l’hypothèse d’une campagne céréalière moyenne. Les activités non agricoles, quant à elles, devraient maintenir un rythme de croissance soutenu autour de 4,5%.
Concernant les prix, l’inflation évolue actuellement à des niveaux bas, favorisée par l’amélioration de l’offre alimentaire et le repli des prix des carburants. Elle devrait rester modérée à moyen terme, s’établissant à 0,8% en 2026 puis à 1,4% en 2027, malgré une hausse attendue des cours du pétrole dans le scénario central. Dans ce contexte, BAM considère que les conditions monétaires actuelles restent appropriées et indique qu’elle ajustera sa politique au fil des réunions, en fonction des données économiques les plus récentes.
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