Le Mali a lancé le 16 juin à Bamako un nouveau projet de lutte contre le travail des enfants dans la région de Ségou, avec le soutien du gouvernement japonais et de l’Organisation internationale du Travail, afin de renforcer également la résilience économique des familles vulnérables.
Le ministre du Travail, de la Fonction publique et du Dialogue social, Fassoun Coulibaly, a présidé la cérémonie de lancement du projet intitulé « Éradication du travail des enfants et promotion de la résilience économique des populations dans la région de Ségou ». La rencontre s’est tenue en présence de l’ambassadeur du Japon au Mali, de représentants de l’OIT, de l’association Sasakawa Afrique, des organisations syndicales et du patronat.
Le projet sera mis en œuvre par l’OIT en partenariat avec Sasakawa Afrique. Il cible la région de Ségou, importante zone agricole où les activités économiques familiales peuvent exposer les enfants à des travaux précoces ou dangereux, notamment dans les chaînes de valeur agricoles.
Selon les données de l’OIT et de l’Institut national de la statistique, le Mali comptait en 2020 plus de 7,1 millions d’enfants âgés de 5 à 17 ans. Parmi eux, environ 2,5 millions, soit 35 %, exerçaient une activité économique. Près de 1,7 million d’enfants étaient concernés par des travaux dangereux, soit 28,3 % de cette tranche d’âge.
Plus de 75 % des enfants impliqués dans ces activités ont entre 5 et 14 ans. Les risques identifiés concernent notamment l’exposition à des produits chimiques, le port de charges lourdes, l’utilisation d’outils dangereux, les longues journées de travail ainsi que l’éloignement de l’école.
Le Mali dispose pourtant d’un cadre juridique de lutte contre le travail des enfants. Le pays a ratifié la convention n°182 de l’OIT sur les pires formes de travail des enfants en 2000, puis la convention n°138 sur l’âge minimum d’admission à l’emploi en 2002. L’âge minimum général d’accès au travail est fixé à 15 ans, tandis que les travaux dangereux sont interdits aux mineurs de moins de 18 ans.
Le pays dispose également d’une liste nationale des travaux dangereux interdits aux enfants, comprenant 22 activités et 55 tâches. Le Code pénal adopté en 2024 renforce par ailleurs la répression de plusieurs formes d’exploitation, notamment la traite des personnes, l’exploitation sexuelle, l’esclavage et le recrutement d’enfants.
L’enjeu demeure désormais l’application effective de ces textes. En associant protection de l’enfance et soutien économique aux familles, le projet lancé à Ségou entend s’attaquer à l’une des principales causes du travail des enfants : la vulnérabilité des ménages.
MD/te/APA







