Le Premier ministre libyen Abdulhamid Dbeibah demande à la Banque centrale de suspendre les projets de développement face aux dérives budgétaires
Le Premier ministre du Gouvernement d’unité nationale (GUN), Abdulhamid Dbeibah, a officiellement demandé au gouverneur de la Banque centrale de Libye (CBL), Naji Issa, de geler sans exception tous les financements de projets inscrits au titre de l’exercice budgétaire 2026. La requête, formulée par écrit, concerne les dépenses relevant du chapitre 3 du budget de l’État, dédié aux projets de développement, selon des sources gouvernementales.
Dans sa correspondance, le chef du gouvernement évoque des « dépenses parallèles » ayant dépassé 70 milliards de dinars libyens. Selon lui, ces engagements financiers non maîtrisés ont contribué à l’aggravation de la dette publique, à l’accélération de l’inflation et à l’affaiblissement du dinar libyen. Cette mise en garde intervient dans un contexte de tensions persistantes autour de la gestion des finances publiques, sur fond de rivalités institutionnelles entre les différentes autorités libyennes.
Abdulhamid Dbeibah conditionne toute reprise des financements à la mise en œuvre complète du programme de développement unifié adopté en novembre 2025 par des représentants de la Chambre des représentants et du Haut Conseil d’État. L’exécutif entend ainsi rétablir une discipline budgétaire centralisée et éviter la multiplication de projets financés en dehors d’un cadre coordonné. Le gel demandé à la Banque centrale vise à freiner les décaissements tant que les mécanismes de contrôle et d’harmonisation ne sont pas opérationnels.
Sur le plan économique, la décision pourrait ralentir l’exécution de projets d’infrastructure dans plusieurs régions du pays, alors que la reconstruction et l’investissement public demeurent des leviers essentiels pour l’activité.
Toutefois, le Premier ministre affirme que « le développement reste un droit pour tous les Libyens », qu’ils résident à l’est, à l’ouest ou au sud, tout en insistant sur la nécessité de respecter des plafonds financiers stricts et des règles de gouvernance afin de préserver la stabilité macroéconomique.
La Banque centrale n’a pas immédiatement communiqué sur les modalités d’application de cette demande. La mesure, si elle est pleinement exécutée, pourrait marquer un tournant dans la gestion des finances publiques libyennes, dans un pays où la fragmentation institutionnelle a souvent pesé sur la cohérence budgétaire et monétaire.
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