Le Maroc a présenté en avril 2025 au Conseil des droits de l’homme des Nations Unies une résolution intitulée « Femmes, diplomatie et droits humains », consacrant la Journée internationale des femmes dans la diplomatie.
À l’ouverture de la 4ᵉ Conférence mondiale sur les diplomaties féministes, organisée mercredi à Paris en présence de représentants d’une cinquantaine de pays, le ministre marocain des Affaires étrangères, Nasser Bourita, a affirmé que le Royaume suit depuis vingt-cinq ans une « voie irréversible » vers l’égalité entre les femmes et les hommes, sous l’impulsion du roi Mohammed VI.
Selon lui, les réformes engagées par le Maroc ne se limitent pas à de simples ajustements législatifs, mais traduisent « une transformation profonde des mentalités ».
« Notre confiance découle du choix fait par Sa Majesté le Roi Mohammed VI de faire des droits des femmes et de l’égalité une priorité de Son Règne », a-t-il souligné, ajoutant que « la diplomatie féministe n’est pas un modèle à exporter, mais une expérience à partager ».
Le Maroc a rejoint le Groupe de politique étrangère féministe (FFP+), afin de renforcer la coopération avec les pays qui placent l’égalité au cœur de leur diplomatie. Bourita a rappelé que le premier Plan d’action national sur les femmes, la paix et la sécurité, adopté en 2022 et prolongé jusqu’en 2026, vise à accroître la participation des femmes à la prévention des conflits, à la médiation et à la reconstruction post-crise.
Neuvième contributeur mondial aux opérations de maintien de la paix, le Maroc compte aujourd’hui 120 femmes parmi ses 3 400 Casques bleus, un chiffre en constante progression. Le Royaume investit également dans la formation de médiatrices communautaires et d’observatrices électorales : entre 2022 et 2025, 175 femmes ont été diplômées sur un total de 300 observateurs africains formés.
Bourita a également souligné que la diplomatie féministe du Maroc s’exprime dans d’autres domaines, notamment la sphère religieuse, à travers les morchidates (guides religieuses), et la politique migratoire, qui a permis la régularisation de milliers de femmes migrantes. Il a insisté sur la nécessité d’une cohérence entre les politiques internes et externes : « La diplomatie féministe ne peut prospérer à l’extérieur sans cohérence interne », a-t-il affirmé.
D’après les chiffres du ministère des Affaires étrangères, les femmes représentent 43 % du personnel diplomatique, occupent 47 % des postes de direction et dirigent 45 ambassades et consulats sur 155. Leur proportion parmi les consuls généraux est passée de 3 % à 40 % en vingt ans, tandis que les femmes ambassadrices constituent désormais 21 % du corps diplomatique.
MK/te/Sf/APA






