Le député Guy Marius Sagna, chef de la délégation sénégalaise au Parlement de la CEDEAO, a annoncé que les préoccupations des populations de Thiaroye-sur-Mer, durement touchées par la migration irrégulière, seront portées devant le gouvernement du Sénégal et la Commission de la CEDEAO. Cette démarche intervient à l’issue d’une interaction parlementaire organisée dans cette commune de la banlieue dakaroise, où plus de 400 jeunes auraient perdu la vie sur les routes migratoires depuis 2006.
Organisée dans le cadre de l’« Interaction parlementaire avec les citoyens sur les dangers de la migration irrégulière et de la traite des personnes en Afrique de l’Ouest », tenue du 13 au 17 juillet à Dakar sous le slogan « Des choix sûrs, des avenirs prometteurs. Ensemble contre la migration irrégulière et la traite des personnes », cette rencontre visait à recueillir les préoccupations des populations et à promouvoir des alternatives sûres à l’émigration clandestine.
À l’issue des échanges, Guy Marius Sagna a salué « le courage et la résilience » des habitants de Thiaroye-sur-Mer, confrontés, selon lui, « aux affres de la migration irrégulière » depuis près de vingt ans.
Le parlementaire a indiqué que les députés ont pris bonne note des nombreuses préoccupations exprimées par les populations. Parmi les principales revendications figure la restructuration urgente de Thiaroye-sur-Mer, confrontée à l’érosion côtière. Les habitants ont alerté sur l’avancée de la mer qui menace des habitations ainsi que le cimetière de la localité, appelant les autorités à accélérer les opérations de relocalisation des familles les plus exposées.
Les participants ont également estimé que les campagnes de sensibilisation menées depuis plusieurs années ne suffisent plus à elles seules à dissuader les départs clandestins. Selon eux, la lutte contre la migration irrégulière passe avant tout par la création d’emplois, le renforcement de l’entrepreneuriat des jeunes et un meilleur accès aux financements, notamment pour les jeunes des familles modestes qui peinent à remplir les conditions exigées pour obtenir des crédits.
Guy Marius Sagna a assuré que ces préoccupations seront relayées auprès du gouvernement. Dans le cadre de leur mission de contrôle de l’action gouvernementale, les députés envisagent d’interroger les autorités sur la gestion des programmes de migration circulaire, des quotas de mobilité et des procédures d’attribution des visas.
Sans remettre en cause ces mécanismes, il a plaidé pour une gestion « plus transparente et plus démocratique », afin que les populations des zones les plus affectées puissent bénéficier équitablement des opportunités de mobilité légale.
Le député a également indiqué que ces questions pourraient donner lieu à des questions écrites, des missions d’information parlementaires ou encore à des interpellations des ministres devant l’Assemblée nationale, afin de traduire les attentes des populations en politiques publiques.
La migration irrégulière demeure un défi majeur au Sénégal, notamment dans les communautés côtières. Malgré les campagnes de sensibilisation, les programmes d’insertion des jeunes et les dispositifs de migration circulaire mis en place avec des partenaires internationaux, les départs clandestins persistent, alimentés par le chômage, la précarité et le manque de perspectives économiques. Les populations de Thiaroye-sur-Mer plaident ainsi pour que les politiques de lutte contre ce phénomène s’accompagnent davantage de mesures concrètes en faveur de l’emploi et du développement local.
TE/Sf/APA







