L’Égypte liera désormais l’ensemble de ses programmes d’incitation à l’exportation et de réduction des contraintes administratives à des objectifs numériques mesurables et à des indicateurs de performance (KPI). L’annonce a été faite mercredi par le ministre de l’Investissement et du Commerce extérieur, Mohamed Farid, à l’issue d’une réunion de travail avec les responsables de 13 conseils d’exportation, en présence du ministre de l’Industrie, Khaled Hashem, ainsi que de représentants de l’Organisation générale pour le contrôle des exportations et des importations et du Service commercial égyptien.
Selon le ministre, « il n’y a pas d’incitations sans objectifs chiffrés mesurables, vérifiables et contrôlables ». Cette orientation marque, d’après lui, l’ouverture d’une nouvelle phase fondée sur « la mise en œuvre, le suivi et la responsabilisation », dans le cadre d’un partenariat structuré entre l’État et le secteur privé. Les aides publiques seront désormais conditionnées à l’augmentation des capacités de production, à la création d’emplois et à la pénétration de marchés extérieurs identifiés.
La réunion, tenue 72 heures après la prestation de serment du nouveau cabinet, a posé les bases d’un cadre exécutif destiné à encadrer la gestion des exportations. Des rencontres sectorielles plus ciblées doivent être organisées afin de fixer, pour chaque branche, des objectifs numériques spécifiques. Le ministère de l’Industrie a indiqué, pour sa part, vouloir renforcer la production locale et accroître la part des composants nationaux dans les chaînes de valeur, afin d’améliorer la compétitivité des produits égyptiens et de réduire la facture des importations.
Sur le plan sectoriel, les représentants des conseils d’exportation ont formulé plusieurs demandes. Parmi elles figurent le financement de l’expansion industrielle, notamment dans le secteur des véhicules électriques, la modernisation des lignes de production dans l’imprimerie, l’emballage et le papier, ainsi que l’attraction d’investissements à long terme dans le secteur médical. D’autres propositions portent sur une gestion renforcée de la concurrence étrangère dans le textile, la création de centres de formation pour l’industrie du cuir et de la chaussure, la modernisation d’abattoirs automatisés et le développement d’infrastructures comme la Cité du cuir de Robbiki.
Le ministre Mohamed Farid a également insisté sur la nécessité de relier davantage le secteur financier, en particulier les services non bancaires, au tissu industriel afin de proposer des solutions de financement innovantes. L’expansion sur les marchés africains a été présentée comme un pilier central de la stratégie d’exportation, dans l’objectif de soutenir la croissance durable et d’améliorer les indicateurs macroéconomiques du pays.
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