Réélu avec une avance de huit voix seulement, le dirigeant du parti Ward -le plus ancien parti égyptien- devra composer avec une base divisée et un environnement politique en recomposition.
L’industriel et homme politique El-Sayyid El-Badawi a été reconduit à la présidence du parti Wafd à l’issue d’une élection interne particulièrement disputée. Sur les 2 614 suffrages exprimés, il a obtenu 1 302 voix, contre 1 294 pour son rival, avec seulement 18 bulletins nuls, selon les résultats officiels communiqués par le parti.
Cette victoire extrêmement serrée permet à El-Badawi, membre du Wafd depuis 1983, de poursuivre son parcours à la tête de la formation libérale historique. Ancien secrétaire général et membre de la Haute Commission du parti, il avait déjà accédé à la présidence en 2010 en battant Mahmoud Abaza, avant de diriger le Wafd durant deux mandats consécutifs jusqu’en 2018.
Le scrutin s’est déroulé sous supervision judiciaire, dans une atmosphère présentée par le parti comme conforme aux traditions démocratiques internes. Les membres de l’assemblée générale ont voté de 9h00 à 17h00, avec une brève interruption à l’heure de la prière du vendredi. Plusieurs figures emblématiques du Wafd, dont Mounir Fakhry Abdel Nour et Mahmoud Abaza, ont assisté à cette journée électorale, soulignant l’importance symbolique de ce rendez-vous pour le parti.
Fondé en 1919 par Saad Zaghloul pour mener la lutte pour l’indépendance contre l’occupation britannique, le Wafd demeure une référence historique du libéralisme national égyptien, même si son poids politique s’est considérablement réduit au fil des décennies et des transformations du paysage politique.
L’issue du scrutin met toutefois en évidence les défis immédiats auxquels fait face le président réélu. Avec une majorité aussi étroite, El-Badawi devra s’attacher à réunifier une base militante profondément divisée par les résultats et à préserver le prestige démocratique du parti dans un contexte politique national marqué par une forte concentration du pouvoir et une recomposition durable de la vie partisane.
Cette élection interne intervient alors que l’Égypte se prépare à de nouvelles échéances électorales, notamment les élections parlementaires et sénatoriales, dans un environnement où les marges d’expression des partis d’opposition restent étroitement encadrées. Pour le Wafd, l’enjeu dépasse ainsi la seule reconduction de son dirigeant : il s’agit de redéfinir sa place et son rôle dans un paysage politique en constante mutation.







