La Libye affiche le coût de la vie le plus faible au monde en 2026 selon un indice international, un classement qui reflète davantage la faiblesse des revenus et les fragilités économiques que l’amélioration du niveau de vie.
La Libye occupe la première place du classement mondial des pays où le coût de la vie est le plus bas en 2026, selon un nouvel indice international fondé sur une comparaison des prix avec ceux de New York, ville de référence fixée à 100 points. Le pays nord-africain obtient un score de 13,2 points, devant le Pakistan, l’Inde, l’Afghanistan et le Bangladesh.
Le classement, établi à partir de données compilées notamment par Visual Capitalist, Numbeo, la Banque mondiale et Statista, mesure le niveau général des prix des biens et services. Il ne prend toutefois pas en compte le niveau de revenu, le pouvoir d’achat réel des ménages ou la qualité de vie, des éléments essentiels pour apprécier le bien-être économique des populations.
Selon le rapport, les faibles coûts observés en Libye s’expliquent principalement par la modération des prix du logement, des produits alimentaires et de nombreux services. Cette situation est cependant davantage liée aux caractéristiques du marché intérieur, à la structure des revenus et à la faiblesse de la demande qu’à une amélioration des conditions économiques. Les auteurs soulignent que des prix bas ne constituent pas nécessairement un indicateur de prospérité.
Dans un pays toujours confronté à des divisions institutionnelles et à une transition politique inachevée, la question du pouvoir d’achat demeure au cœur des préoccupations économiques. Malgré les importantes ressources pétrolières dont dispose la Libye, les disparités régionales, les difficultés d’investissement et les incertitudes politiques continuent de peser sur le développement économique et la création d’emplois.
Le rapport met également en évidence la présence de plusieurs pays arabes parmi les économies à faible coût de la vie. L’Égypte figure au septième rang mondial avec un score de 13,9 points, tandis que la Syrie, l’Algérie, la Tunisie et l’Irak apparaissent également dans les premières positions du classement. Dans la plupart des cas, ces résultats sont associés à des niveaux de revenus relativement modestes et à des contextes économiques fragiles.
Pour les économistes, ces données rappellent qu’un faible coût de la vie ne constitue qu’un indicateur partiel de la performance économique. L’évolution des salaires, la stabilité monétaire, l’accès aux services publics et les perspectives d’emploi demeurent des critères déterminants pour évaluer le niveau de vie réel des populations. En Libye, les défis de la reconstruction économique et de la stabilisation institutionnelle continuent ainsi de peser davantage que les seuls niveaux de prix observés sur le marché intérieur.
MK/AK/Sf/APA




