À l’heure où la Côte d’Ivoire ambitionne d’atteindre 1,5 millions de tonnes en aquaculture, le footballeur international ivoirien, Max Gradel a, appelé ce vendredi 25 avril 2025, les jeunes et les femmes à s’engager pour saisi les opportunités, puisque le pays enregistre un déficit estimé à 500 000 tonnes de poissons.
La Côte d’Ivoire qui dispose d’un littoral de 560 Km, des lacs, lagunes et fleuves, a un fort potentiel, a indiqué le chercheur Rodrigue Yossa, un chercheur de l’organisation World Fish, lors d’un panel de haut niveau autour du thème « Intensification et expansion de la production aquacole. »
Ce panel s’est tenu dans le cadre de l’édition 2025 du Salon de la pêche et de l’agriculture, organisé par l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) et le ministère ivoirien des Ressources animales et halieutiques.
« Pour le cas de la Côte d’Ivoire, il y a un très grand potentiel, on peut facilement produire, selon nos estimations, près de 1,5 million de tonnes de poissons par an », a déclaré M. Rodrigue Yossa, rapportant que l’Etat ivoirien a sollicité World Fish.
« On étudie d’abord la chaîne de valeur en se focalisant d’abord sur la disponibilité des alevins de qualité. Et dans ce domaine, World Fish a une équipe de généticiens qui développe des souches productives et résistantes de poissons », a-t-il indiqué.

Intensifier l’aquaculture
Mme Djiré Foungnigué, consultante FAO pour le projet Fish4ACP, une Initiative visant à valoriser la pêche et l’aquaculture, a dit que l’expansion et l’intensification durable de l’aquaculture sont l’un des objectifs centraux de la transformation bleue avec l’amélioration des chaînes de valeur.
Toutefois, il faut « prioriser la triple durabilité (économique, sociale et environnementale) », a-t-elle ajouté. En Côte d’Ivoire spécifiquement, la chaîne de valeur du tilapia d’élevage, soutenue par la FAO dans le cadre du projet FISH4ACP bénéficie d’un accompagnement.
FISH4ACP, un programme de l’Organisation des Etats d’Afrique, des Caraïbes et du Pacifique (OEACP), financée par l’Union européenne et le ministère fédéral allemand de la Coopération économique et du développement (BMZ), soutient la stratégie gouvernementale de développement durable de la pisciculture du tilapia pour satisfaire la demande nationale d’ici à 2030.
Le programme, mis en œuvre par la FAO et ses partenaires, mise sur le renforcement des organisations de producteurs, l‘amélioration de la disponibilité et de la qualité de l’aliment et des alevins, le renforcement des mesures préventives environnementales et la promotion de la production nationale.
Le projet a également permis la mise en place d’un Partenariat multi acteurs de la chaîne de valeur du tilapia en Côte d’Ivoire (PMA) qui est une forme de collaboration public et privé et associatif, qui offre un forum d’échanges, de réflexion et d’apprentissage collaboratifs à tous les acteurs en vue de renforcer la filière.

Développer la filière piscicole
L’expert en aquaculture, Jaques Manee, a relevé qu’en termes de développement et de business, il faut des modèles qui permettent aux pisciculteurs de générer des profits. Il a insisté sur l’aliment et la source d’eau qui permettent d’avoir de bons rendements.
Il a évoqué des modèles d’aquaculture, mentionnant le système de cage flottante, l’aquaculture en étangs qui nécessite une étude du sol, le modèle semi-extensif, pratiqué dans les bassins avec une aération continue de la source d’eau.
Entre 2000 et 2022 la croissance annuelle moyenne de la production aquacole en Afrique a été de 8,3%, passant de 450 000 tonnes en 2000 à 2 millions 500 000 tonnes en 2022, soit environ 1,9 % de la production aquacole mondiale.
Cette croissance de l’aquaculture en Afrique montre l’intérêt pour ce secteur, même si la région reste loin derrière l’Asie (91,4 %), l’Amérique latine et les Caraïbes (3,3 %) et l’Europe (2,7 %) en termes de part de la production mondiale.
L’Afrique, dont la population était estimée à 1,2 milliard d’habitants en 2022, connaît une croissance démographique de 2,5 % par an. Le continent verra sa population doubler en l’espace d’une trentaine d’années, d’où l’aquaculture s’avère une alternative pour garantir la sécurité alimentaire.
AP/Sf/APA







