Le président algérien Abdelmadjid Tebboune a validé plusieurs revalorisations sociales pour 2026, dont une hausse de 20 % du salaire minimum et de l’allocation chômage, dans un contexte de fragilité économique persistante et de dépendance aux transferts publics.
Le Conseil des ministres algérien, réuni dimanche, a adopté un ensemble de mesures sociales qualifiées d’« importantes » par la présidence algérienne : augmentation de 20 % du salaire national minimum garanti (SNMG), de l’allocation chômage et des pensions de retraite. Selon les autorités, il s’agit de la plus forte révision en plusieurs décennies. Cette annonce intervient alors que l’économie reste sous forte pression, entre inflation élevée, ralentissement industriel et difficultés d’accès à l’emploi pour les jeunes.
Les autorités mettent en avant un effort budgétaire évalué à près de 6 000 milliards de dinars pour 2026, comprenant 420 milliards pour l’allocation chômage, 424 milliards pour la Caisse nationale des retraites et 656 milliards pour les subventions des produits de base comme le blé.
Parallèlement, 2 800 milliards de dinars sont prévus pour le fonctionnement des établissements publics, notamment les universités et les hôpitaux. Toutefois, ces montants confirment la dépendance persistante de l’économie algérienne aux transferts étatiques, dans un contexte où aucune réforme structurelle majeure n’a été engagée.
La présidence a également annoncé un nouveau programme de 360 000 logements pour 2026, dont 300 000 en location-vente. Les chantiers de l’AADL-3 ont été lancés lors d’une récente visite présidentielle à Constantine, avec la promesse d’une livraison partielle dès l’année prochaine. Près d’un million de souscripteurs restent en attente, un chiffre qui illustre l’ampleur des retards accumulés dans le secteur du logement et les tensions persistantes autour de cette politique emblématique.
Par ailleurs, plusieurs mesures sociales adoptées ces derniers mois — révision du statut des enseignants et du personnel de santé, réforme du congé de maternité étendu à 150 jours, hausse de l’allocation voyage — ont été présentées par le gouvernement comme des avancées majeures.
Néanmoins, ces réformes modulent peu les défis de fond : faiblesse du pouvoir d’achat, économie peu diversifiée, chômage structurel des jeunes diplômés et lenteur des réformes économiques promises depuis 2019.
Si le gouvernement insiste sur « l’attachement au caractère social de l’État », les économistes soulignent que l’augmentation des dépenses publiques, dans un contexte de recettes dépendantes des hydrocarbures, pose la question de la soutenabilité budgétaire.
Avec des annonces répétées et un soutien social massif, l’exécutif tente de répondre aux attentes de la population à l’approche de l’année 2026, sans pour autant apporter de réponses structurelles aux déséquilibres persistants de l’économie algérienne.
MK/AK/Sf/APA






