Un déficit de 1 572 milliards de dinars et près de 20 000 projets à l’arrêt illustrent les fragilités persistantes de la gestion budgétaire en Algérie, en 2023, malgré une hausse marquée des recettes.
Les députés algériens examinent le projet de loi portant règlement budgétaire pour l’exercice 2023, premier texte élaboré dans le cadre de la loi organique 15-18 relative aux lois de finances. Devant la commission des finances et du budget, le président de la Cour des comptes a détaillé les principaux indicateurs d’un exercice contrasté.
Les ressources budgétaires ont atteint 9 017,439 milliards de dinars, en hausse de 24,47% par rapport à 2022. Les recettes fiscales se sont établies à 3 495,040 milliards de dinars (+16,98%), tandis que les recettes pétrolières ont représenté 42,76% des ressources totales, confirmant la dépendance structurelle du Trésor aux hydrocarbures.
En dépit de cette amélioration des recettes, les dépenses budgétaires globales ont culminé à 10 593,825 milliards de dinars, générant un déficit budgétaire net de 1 572,71 milliards de dinars. Les dépenses de personnel (3 213,949 milliards de dinars) et d’investissement (5 339,537 milliards de dinars) concentrent l’essentiel des charges.
Plus préoccupant encore, le taux de couverture des dépenses de fonctionnement par les ressources ordinaires s’est limité à 54,89%, contre 72,90% en 2021. Ce recul met en évidence une vulnérabilité accrue aux fluctuations des recettes pétrolières, alors même que les autorités affichent l’objectif de diversification économique.
Au-delà du solde budgétaire, c’est l’exécution des crédits qui suscite les critiques. Le taux d’exécution budgétaire s’est établi à 72,02%, en nette baisse par rapport aux 90,32% enregistrés en 2022. Les dépenses d’équipement affichent un niveau d’exécution particulièrement faible. Les membres de la commission ont relevé l’annulation de crédits pour un montant de 4,114 milliards de dinars, alors que les besoins de développement restent importants. Environ 20 000 projets seraient concernés par des situations de suspension, de non-démarrage ou d’avancement partiel.
Des retards dans l’exécution et dans le paiement des créances, parfois supérieurs à trois mois au niveau local, fragilisent les entreprises et entraînent la réévaluation de certains investissements, générant des surcoûts pour le Trésor.
Interpellé sur ces dysfonctionnements, le ministre des Finances a invoqué des écarts de capacités administratives entre wilayas et secteurs, ainsi que des contraintes en ressources humaines et matérielles. Il a précisé que certains taux d’exécution, notamment celui de 23%, reflétaient des phases de versement de crédits et non l’état d’avancement physique des projets. Une plateforme de suivi des délais de paiement aurait été mise en place, les délais actuels, estimés entre deux et trois mois, étant jugés conformes aux pratiques internationales.
MK/AK/Sf/APA







