L’interpellation du rappeur Kamara alimente le débat sur la liberté d’expression et la censure artistique en Tunisie.
Le rappeur tunisien Kamara a été arrêté mardi soir, 14 octobre 2025, selon plusieurs sources concordantes citées mercredi par Business News. Cette interpellation serait liée aux paroles de sa chanson « Khoulassa » (« résumé », en français), un titre dans lequel il dénonce la corruption policière à travers des vers crus et explicites évoquant notamment la consommation de drogue.
Connu pour son style provocateur et son langage sans filtre, Kamara s’est récemment imposé sur la scène du rap tunisien grâce à ce titre, qui a dépassé les quatre millions de vues en un mois. Le morceau décrit — sur un ton narratif oscillant entre fiction et vécu — une altercation avec un policier corrompu, un passage qui aurait été considéré comme offensant par les autorités. Le ministère de l’Intérieur n’a, pour l’heure, pas communiqué officiellement sur les motifs exacts de l’arrestation.
Plusieurs observateurs et internautes dénoncent une atteinte à la liberté d’expression. Sur les réseaux sociaux, de nombreux messages de soutien ont été publiés, estimant que Kamara n’a fait qu’exercer un droit fondamental. « Kamara n’a commis ni violence, ni vol, ni enlèvement. Il ne fait qu’exprimer son opinion à travers un texte qui peut plaire ou déplaire, mais cela ne saurait justifier une incarcération », écrit un internaute.
Des artistes et militants culturels rappellent que la scène rap tunisienne s’est souvent heurtée aux institutions depuis 2011, plusieurs artistes ayant déjà été poursuivis pour “outrage à agent” ou “atteinte aux bonnes mœurs”. Cette nouvelle affaire relance le débat sur les limites de la liberté artistique dans un contexte politique jugé de plus en plus répressif.
Paradoxalement, cette arrestation a contribué à accroître la notoriété du rappeur. Depuis mardi soir, Khoulassa figure parmi les morceaux les plus recherchés sur YouTube en Tunisie. Des milliers de nouveaux auditeurs se sont tournés vers le titre incriminé, transformant la polémique en véritable phénomène viral.
MK/Sf/APA





