Face aux défis environnementaux croissants, cinq pays ouest-africains unissent leurs forces pour réinventer l’agriculture à travers le projet RADiUS, où l’innovation scientifique rencontre les savoirs traditionnels des communautés rurales.
Le 4 février 2025, à Dakar, le Conseil Ouest et Centre africain pour la recherche et le développement agricoles (CORAF) a lancé le projet « Réseau en agroécologie pour promouvoir la durabilité des systèmes alimentaires (RADiUS). »
Soutenu par l’Union européenne via le programme DeSIRA+, il réunit cinq pays – le Bénin, le Burkina Faso, le Cameroun, la Côte d’Ivoire et le Sénégal – autour d’un objectif commun : promouvoir une transition agroécologique durable.
« Dans un monde en mutation marqué par les changements climatiques, la crise énergétique et la perte de biodiversité, le modèle de développement économique actuel est de plus en plus remis en cause », a souligné Dr Moumini Savadogo, Directeur exécutif du CORAF.
A en croire ce dernier, l’agriculture conventionnelle a montré ses limites. Malgré des décennies d’investissements massifs, elle n’est plus en mesure de garantir la sécurité alimentaire des populations. Les sols se dégradent, la biodiversité s’effondre et les changements climatiques menacent directement les moyens de subsistance de millions de paysans.
« Nous sommes à un tournant », a-t-il dit, relevant que « notre modèle de développement économique, peu respectueux des ressources naturelles, doit impérativement évoluer. »
Le projet RADiUS entend ainsi transformer les systèmes agricoles ouest-africains, en proposant une approche intégrée et durable qui place les communautés rurales au cœur de la transition.
Plus qu’une simple initiative agricole, c’est une vision politique et sociale de transformation autour d’un objectif commun : réinventer l’agriculture.
Les partenaires sont multiples et complémentaires : institutions académiques, organisations paysannes, centres de recherche comme l’Institut sénégalais de recherche agricole (ISRA), universités, ONG. Cette pluralité garantit une approche holistique et collaborative.
Selon ses promoteurs, l’agroécologie proposée par RADiUS n’est pas qu’un ensemble de techniques culturales. C’est une philosophie qui réconcilie production agricole, préservation de l’environnement et bien-être des communautés rurales.
« Nous voulons générer des innovations adaptées aux besoins réels des agriculteurs », a indiqué le Directeur général de l’ISRA. L’objectif est de co-construire des solutions avec les communautés, en valorisant leurs savoirs traditionnels et en les enrichissant de connaissances scientifiques modernes.
Le projet vise plusieurs transformations structurelles : améliorer la santé des sols, développer des initiatives entrepreneuriales locales, renforcer la résilience des systèmes agricoles. Il s’agit de passer d’une logique de production à court terme à une vision durable et régénératrice.
Les méthodes seront participatives : formations, échanges d’expériences, création de plateformes d’apprentissage entre agriculteurs. Chaque paysan devient acteur et co-concepteur du changement.
Le soutien des gouvernements et des institutions internationales est crucial. « Nous sommes convaincus que ce projet contribuera significativement à la transformation des systèmes agricoles », a déclaré le représentant de l’Union européenne.
ARD/Sf/te/APA







