En dépit du départ des EAU de l’OPEP,,Alger insiste sur la discipline du cartel, confronté à des fractures internes persistantes.
L’Algérie a réagi mercredi au retrait des Émirats arabes unis de l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep), en réaffirmant son « engagement indéfectible » envers le cartel et le cadre élargi Opep+. Dans un communiqué, le ministère de l’Énergie a présenté ces mécanismes comme des piliers de la stabilité du marché pétrolier mondial. Cette prise de position intervient alors que la décision d’Abou Dhabi met en lumière des divergences croissantes entre grands producteurs, notamment sur les quotas et les stratégies de production.
Dans le prolongement, les autorités algériennes ont rappelé le « rôle stratégique » de l’Opep dans la défense des intérêts des pays producteurs et la régulation du marché. Sans mentionner explicitement les Émirats, le communiqué insiste sur la nécessité de maintenir une coordination étroite et un dialogue équilibré avec les pays consommateurs. Cette rhétorique s’inscrit dans une posture constante d’Alger, qui valorise la discipline collective, même si l’efficacité réelle du cartel est de plus en plus questionnée par plusieurs acteurs du marché.
Cette position contraste avec l’évolution interne de l’Opep, marquée par des tensions récurrentes entre membres aux intérêts divergents. Le départ des Émirats, acteur clé disposant d’importantes capacités de production, traduit une remise en cause implicite du système de quotas et de la gouvernance du cartel. Pour l’Algérie, dont la production reste plus limitée (environ 1 million de barils par jour en 2025 selon l’Opep), l’adhésion stricte aux mécanismes collectifs apparaît aussi comme un levier diplomatique pour conserver une influence dans les discussions énergétiques internationales.
Sur le plan économique, cette fidélité affichée intervient dans un contexte où les équilibres budgétaires algériens demeurent étroitement liés aux revenus tirés des hydrocarbures, qui représentent encore près de 90% des exportations et plus de 60% des recettes publiques selon les données officielles récentes. Cette dépendance réduit la marge de manœuvre stratégique d’Alger, qui reste exposée aux fluctuations des prix du brut, malgré des efforts répétés de diversification dont les résultats demeurent limités.
À l’approche du dixième anniversaire de l’Accord d’Alger à l’origine de l’Opep+, les autorités mettent en avant les résultats obtenus en matière de stabilisation des prix. Pourtant, la multiplication des écarts de production entre membres et la montée en puissance de producteurs non-Opep, notamment aux États-Unis, affaiblissent progressivement la capacité du cartel à orienter durablement le marché.
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