La Türkiye se dit prête à négocier avec l’Égypte un accord de délimitation des zones maritimes, avançant que cette option pourrait offrir au Caire une superficie maritime supérieure à celle envisagée dans un éventuel accord avec la Grèce.
La Türkiye a réaffirmé, mercredi, sa disponibilité à conclure avec l’Égypte un accord de délimitation des zones maritimes en Méditerranée orientale, sur la base des intérêts mutuels et du droit international.
Des sources du ministère turc de la Défense ont indiqué que l’accord proposé pourrait permettre au Caire de bénéficier d’une superficie maritime supérieure de plus de 15.000 kilomètres carrés à celle qu’il obtiendrait dans le cadre d’un éventuel arrangement avec Athènes. Cette proposition intervient dans un contexte de rivalités persistantes autour des frontières maritimes et de l’accès aux ressources énergétiques de la région.
Selon les mêmes sources, Ankara considère que la délimitation des espaces maritimes doit reposer sur des principes d’équité et tenir compte des droits et des intérêts légitimes des États côtiers. La Türkiye affirme vouloir défendre ses propres intérêts en Méditerranée orientale tout en contribuant à la paix, à la sécurité et à la stabilité régionales. Cette ouverture envers Le Caire pourrait constituer une nouvelle étape dans les efforts de rapprochement entre les deux pays, après plusieurs années de relations tendues.
Ankara a également mis en avant la ratification, le 20 octobre, par la Chambre des représentants libyenne, du protocole d’accord conclu entre la Türkiye et la Libye en 2019 sur la délimitation des zones maritimes. Les autorités turques présentent cette décision comme une évolution importante confortant leur approche juridique en Méditerranée. Cet accord, qui définit des espaces maritimes entre les deux pays, reste toutefois contesté par la Grèce, qui estime qu’il porte atteinte à ses propres droits maritimes dans la région.
La question de la délimitation maritime constitue l’un des principaux foyers de tensions en Méditerranée orientale, où plusieurs États revendiquent des espaces susceptibles de receler des ressources énergétiques importantes. Les désaccords portent notamment sur la portée des droits maritimes des îles et sur les critères à retenir pour fixer les frontières entre zones économiques exclusives.
La Grèce et la Türkiye défendent des interprétations divergentes du droit de la mer, tandis que l’Égypte cherche à préserver ses intérêts stratégiques et économiques dans cet espace.
La proposition turque place ainsi Le Caire devant un enjeu diplomatique sensible : examiner les avantages potentiels d’un accord avec Ankara tout en tenant compte de ses relations avec Athènes et des équilibres régionaux. Aucun accord n’a été annoncé à ce stade.
La concrétisation de cette ouverture dépendra notamment de la volonté des deux pays d’engager des négociations et de trouver une formule acceptable au regard du droit international. Dans une région où les différends maritimes se mêlent aux rivalités géopolitiques et énergétiques, toute évolution des positions égyptienne, turque ou grecque pourrait avoir des répercussions sur les équilibres régionaux.
MK/AK/Sf/APA





