Le Mali mise sur l’intelligence artificielle et le renforcement de ses capacités nationales pour mieux faire face aux menaces numériques, dans un contexte marqué par la structuration de son dispositif de cybersécurité et la progression des affaires de cybercriminalité.
La quatrième édition des Journées nationales de cybersécurité s’est ouverte mardi à Bamako autour du thème « L’intelligence artificielle et le cyberespace : nouveaux défis pour la cybersécurité ». Prévue jusqu’au 30 octobre, la rencontre réunit des représentants des institutions publiques, des professionnels du numérique, des experts et des étudiants.
Organisée par l’Autorité malienne de régulation des télécommunications, des technologies de l’information et de la communication et des postes (AMRTP), cette édition met l’accent sur l’utilisation de l’IA dans la détection des menaces, la sécurisation des systèmes stratégiques et la réduction de la dépendance technologique.
Les discussions portent notamment sur la protection des infrastructures critiques dans les pays sahéliens et les moyens de renforcer la souveraineté numérique. Une intervention du coordonnateur du ML-CERT examine ainsi les voies permettant de passer de la « dépendance algorithmique » à une plus grande autonomie technologique en Afrique.
Un dispositif national en construction
Ces travaux interviennent après l’adoption, en février, de la Stratégie nationale de cybersécurité et de son plan d’actions 2026-2030. Ce cadre vise notamment à améliorer la gouvernance de la sécurité numérique, à développer une culture de prévention et à mieux protéger les systèmes d’information contre les cybermenaces.
En juin, le gouvernement a également créé l’Agence nationale de la Sécurité des Systèmes d’Information, chargée notamment de coordonner la réponse aux cyberattaques et de contribuer à la protection des infrastructures et services critiques.
Le renforcement de ce dispositif répond à des besoins croissants de sécurisation de l’espace numérique. En 2025, le Pôle national de lutte contre la cybercriminalité a enregistré 1 338 dossiers, dont 1 130 plaintes et 208 auto-saisines. Lors de la présentation de son bilan, 834 procédures étaient encore en cours d’enquête.
Les affaires traitées concernent notamment les fraudes en ligne, les usurpations d’identité, les escroqueries liées aux moyens de paiement et les atteintes aux systèmes informatiques.
Former pour mieux anticiper
Au-delà des orientations stratégiques, les Journées nationales de cybersécurité accordent une place importante au développement des compétences. Des formations destinées aux participants de niveaux débutant et avancé sont prévues, ainsi que des challenges techniques et un concours visant à encourager la conception de solutions locales.
Les échanges doivent également permettre d’évaluer les usages de l’intelligence artificielle dans la lutte contre les cyberattaques, mais aussi les risques liés à son détournement à des fins malveillantes.
Pour le Mali, l’enjeu est ainsi de conjuguer protection des infrastructures, développement de compétences spécialisées et maîtrise des technologies numériques, afin de renforcer la résilience de ses systèmes d’information face à des menaces en constante évolution.
MD/te/APA





