Les Forces armées maliennes (FAMa) ont escorté 940 camions civils sur le corridor Kayes–Sandaré–Diéma–Bamako entre le 23 et le 29 juin 2026.
Les FAMa ont procédé à l’escorte de 940 camions civiles entre Kayes et Bamako, dans un contexte de dégradation de la sécurité sur les axes routiers et de perturbations persistantes de l’approvisionnement en carburant dans la capitale.
Selon l’armée, une première mission a escorté 540 camions civils de Kayes à Sandaré. Un second détachement, parti de Diéma le 23 juin, a rejoint le convoi afin d’y intégrer d’autres véhicules immobilisés sur l’axe. Après ce regroupement, le convoi comptait 940 camions avant de poursuivre sa route vers Bamako.
L’itinéraire emprunté traversait Kayes, Sandaré, Diéma, Sebabougou, Kwala, Diédiéni, Kolokani et Kati. Les FAMa ont indiqué que l’ensemble des véhicules et de leurs occupants est arrivé à Bamako sans incident majeur.
L’axe Kayes-Bamako constitue un corridor stratégique reliant la capitale à l’ouest du Mali ainsi qu’aux voies d’accès vers le Sénégal et la Mauritanie. Il assure le transport de marchandises, de produits pétroliers, de denrées alimentaires, d’équipements et d’autres biens destinés aux marchés urbains.
Cette opération fait suite à plusieurs incidents sur les routes menant à Bamako. Début juin, un autocar transportant des civils a notamment sauté sur une mine sur l’axe Bamako-Kayes, faisant au moins huit morts et 42 blessés, selon un responsable syndical du secteur des transports. D’autres attaques visant des véhicules civils et des convois ont également été signalées ces derniers mois sur plusieurs axes stratégiques.
Les escortes militaires se sont intensifiées dans un contexte de tensions sur l’approvisionnement en carburant. En 2025, le Mali avait déjà traversé une crise plus sévère après des attaques contre des camions-citernes, notamment en septembre, lorsque plusieurs véhicules avaient été incendiés sur des routes d’approvisionnement.
Le 25 juin 2026, le ministère du Commerce a indiqué que des difficultés de retrait auprès de la GESTOCI, en Côte d’Ivoire, avaient perturbé l’approvisionnement du Mali en produits pétroliers. Entre le 15 et le 21 juin, les autorités ont annoncé la réception de 655 camions-citernes, représentant près de 29,8 millions de litres de carburant, avec un taux de ravitaillement estimé à 27 %.
Le 26 juin, un autre convoi de 807 camions-citernes est arrivé à Bamako sous escorte militaire. Malgré ces arrivages, de longues files d’attente ont continué d’être observées devant plusieurs stations-service de la capitale, tandis que certaines étaient fermées ou n’assuraient qu’un service limité.
Les difficultés d’approvisionnement en carburant affectent les transports, le fonctionnement des groupes électrogènes, les marchés, les services publics et l’activité économique. Elles entraînent également des retards de livraison, une hausse des coûts de transport et des tensions sur la disponibilité de certains produits.
L’escorte du convoi Kayes-Bamako s’inscrit dans les opérations de sécurisation des principaux corridors routiers conduites par les FAMa. Les autorités militaires affirment que ces missions visent à assurer la protection des personnes, des biens et des flux de marchandises sur des axes exposés aux menaces sécuritaires.
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