Les forces fédérales éthiopiennes ont repris le contrôle de Mekele, capitale de la région du Tigré, au cours du week-end, alors que les affrontements entre l’armée et une coalition de groupes armés se poursuivent dans le nord du pays.
Les Forces de défense nationale éthiopiennes (ENDF) ont également repris l’aéroport international Alula Aba Nega, principale plateforme aérienne de la région.
L’aéroport était tombé aux mains des forces tigréennes une semaine auparavant, quelques heures après le déclenchement de nouveaux affrontements entre les forces gouvernementales, soutenues par leurs alliés, et une coalition rebelle regroupant sept mouvements armés.
Des vidéos diffusées sur les réseaux sociaux montrent des éléments des ENDF et de leurs forces alliées entrant dans Mekele. Certaines images semblent montrer un accueil favorable d’une partie de la population. APA n’a toutefois pas pu vérifier indépendamment l’authenticité et le contexte de ces vidéos.
La reprise de Mekele intervient dans un contexte de fortes tensions diplomatiques entre l’Éthiopie et plusieurs pays de la région.
Addis-Abeba a annoncé la semaine dernière la rupture de ses relations diplomatiques avec l’Érythrée, accusant Asmara de soutenir la nouvelle coalition rebelle en coordination avec le Soudan et l’Égypte.
L’Érythrée, le Soudan et l’Égypte ont rejeté ces accusations.
Dans le cadre de cette escalade diplomatique, le gouvernement éthiopien a expulsé dix diplomates érythréens et ordonné la fermeture de son ambassade à Asmara. L’Érythrée a, à son tour, annoncé la rupture de ses relations diplomatiques avec l’Éthiopie.
Addis-Abeba a également expulsé un diplomate égyptien, une décision à laquelle Le Caire a répondu par une mesure similaire.
Selon des informations recueillies par APA, les autorités érythréennes ont par ailleurs démenti tout lien avec la coalition d’opposition récemment constituée, qui rassemble sept groupes armés.
Les nouveaux combats ont éclaté le 23 septembre après des offensives attribuées au Front de libération du peuple du Tigré (TPLF) dans les régions voisines de l’Afar et de l’Amhara.
Cette nouvelle flambée de violence ravive les craintes d’un retour au conflit qui avait opposé les forces fédérales éthiopiennes au TPLF entre 2020 et 2022.
À Mekele, des habitants ont indiqué à APA que plusieurs bâtiments administratifs et postes de police avaient été abandonnés par les forces de sécurité avant l’entrée des troupes fédérales dans la ville.
Ils ont également exprimé leurs inquiétudes face aux risques de pillages et de troubles à l’ordre public dans cette phase de transition sécuritaire.
« Nous craignons pour notre sécurité et espérons un rétablissement rapide de l’ordre », a déclaré à APA un habitant sous couvert d’anonymat.
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