Le président Bassirou Diomaye Faye a effectué samedi 19 juillet une tournée sur les sites militaires de Ouakam, Bel Air et Proté, récemment restitués par la France, soulignant que le Sénégal en fera « le meilleur usage » qui soit.
Quatre jours après la cérémonie actant le retrait définitif des forces françaises, le président sénégalais a foulé samedi les emprises stratégiques désormais « pleinement sous souveraineté sénégalaise ». Cette visite, effectuée en compagnie des ministres chargés de la Défense, de la Sécurité et des chefs militaires, revêt une forte portée symbolique, marquant la fin officielle de la présence militaire permanente française. Le premier arrêt s’est fait au camp Geille de Ouakam, vaste site de 35 hectares, occupé depuis 1920 par l’armée française.
« Le but de l’exercice était plutôt d’avoir une idée de l’affectation à venir en ayant une correcte appréciation du potentiel des emprises qui sont libérées, tenant compte évidemment des besoins de relocalisation des forces de défense et de sécurité dans les différents segments, mais tenant compte aussi de l’orientation de notre politique de développement », a déclaré Bassirou Diomaye Faye dans une intervention diffusée par la télévision nationale RTS.
Selon le colonel Clément Chrysogone Nassalan, commandant de la zone militaire N°1, l’emprise de Ouakam comprend 54 villas, 92 appartements et 168 chambres doubles, offrant une importante capacité d’hébergement.
A Bel Air, anciennement cité Saint-Exupéry, le président a constaté la libération de logements et d’une vaste zone de stockage de carburant et de matériel militaire. La dernière étape de la visite l’a conduit au quartier Proté, situé près de la base navale, composé de bâtiments administratifs, de zones résidentielles et d’espaces récréatifs.
« Il faut retenir que ces bases-là ont été tenues pour certaines depuis plus d’un siècle. Et pendant tout ce temps-là, malgré la congestion des forces de défense et de sécurité dans les différents sites, nous nous en sommes passés malgré nous », a rappelé le chef de l’Etat, arrivé en mars 2024 au pouvoir, avec la promesse de faire du Sénégal un pays souverain.
Soulignant l’importance historique du moment, le président Faye a indiqué que cette restitution est bien plus qu’un simple transfert de bâtiments, mais un jalon stratégique dans la mise en œuvre des politiques publiques à travers le référentiel que son gouvenrmeent a présenté aux Sénégalais six mois après son élection. Dans un contexte régional où les relations entre anciennes puissances coloniales et pays africains sont en redéfinition, le Sénégal mise sur une coopération renouvelée, fondée sur le respect mutuel, tout en consolidant ses bases de souveraineté nationale.
« Maintenant que le Sénégal affirme fièrement sa souveraineté sur l’intégralité du territoire national, nous entendons en faire le meilleur usage qui correspond à l’orientation retenue dans le cadre de la mise en œuvre de l’Agenda national de transformation +Sénégal 2050+ », a-t-il affirmé.
Comme l’avait souligné le chef d’état-major général des armées sénégalaises, le général Mbaye Cissé, lors de la cérémonie de passation au camp Geille, la visite du président Faye dans les emprises militaires libérées intervient après « plusieurs mois de discussions fraternelles ». La nouvelle doctrine sénégalaise, recentrée sur la formation et le renforcement des capacités nationales, se déploiera désormais à partir de ces infrastructures.
ODL/te/APA






